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Renationalisation partielle d’EDF : l’Elysée reprend la main sur le nucléaire

le 15 avril 2019 à 17:23 

Parler de renationalisation dans le contexte actuel, paraît pour le moins paradoxal. Pourtant, c’est bien le mot qui vient à l’esprit avec, selon le Parisien, l’accord donné par le Président à la reprise du contrôle au moins partielle, des activités nucléaires d’EDF. Cela constitue un sacré retournement de situation qui va engendrer une réorganisation en profondeur. Le gouvernement, veut certainement mieux contrôler les prix de vente de l’électricité et garder la main sur le secteur sensible en France, du nucléaire.

Evidemment, alors que les députés viennent de voter la loi Pacte autorisant entre autres la privatisation de l’Aéroport de Paris, ce qui n’a pas manqué de faire couler beaucoup d’encre, voilà que l’on évoque une renationalisation, au moins partielle, des activités nucléaires d’EDF. Tout ceci apparaît encore plus étonnant lorsque l’on se souvient que le groupe avait été privatisé en 2004, pour anticiper l’ouverture des marchés de l’énergie.

Seulement voilà, l’électricité c’est une chose, le nucléaire en est une autre. En France, même si les deux choses sont intimement liées, le Président comme beaucoup de personnes, considère que le nucléaire est une activité régalienne, qui ne doit pas subir les sursauts de la bourse ou des marchés. Il fait partie d’un pré carré que l’on ne touche pas.

Donc, même si on ne se dirige pas vers une nationalisation complète, car excessivement coûteuse, on étudie plutôt la création d’une holding mère, dans laquelle l’Etat aurait une place prépondérante. Cette structure de tête accueillerait le nucléaire et sa commercialisation sur le marché de gros, peut-être également les grands barrages hydrauliques. Il s’agit avec d’autres investisseurs, de résorber la dette d’EDF, qui s’élève tout de même à 37 milliards d’euros et de faire face à des investissements indispensables, qui s’élèvent à environ 100 Mds€.

Au passage, on pourrait aussi assister à la naissance d’une société filiale à destination de la commercialisation auprès des clients, particuliers et professionnels. Elle serait partie prenante dans les réseaux, RTE et Enedis, qui pourrait d’ailleurs à l’instar de RTE, ouvrir son capital aux investisseurs privés, une demande répétée de la Commission européenne, pour faciliter la concurrence.

Toutes ces manœuvres ont un nom, il s’agit du projet Hercule et bien sûr, des échéances. Ce sera juste après les Européennes. Il y aura une réunion du Comité de la stratégie du Conseil d’administration, puis les principales modalités de la réorganisation seront présentées aux 200 “tops managers”. Le 20 juin, ce sera au tour des organisations syndicales de bénéficier d’une explication de texte. Une présentation à Bruxelles en 2020 et la mise en œuvre prévue devrait démarrer en 2021.

Crédit photo : EDF

 

 

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