Top

Éolien en mer : on prend les mêmes et on recommence

le 17 avril 2018 à 5:47 

En matière d’éolien en mer, le gouvernement entend bien profiter des retards, et des tergiversations de la filière, pour tirer son épingle du jeu, et faire des économies. La stratégie est simple pour faire baisser les coûts, le gouvernement menace d’annuler purement et simplement les appels d’offres octroyés en 2012 et 2014, et d’en relancer de nouveaux sur les mêmes zones, si les coûts des projets restent élevés.

Pour mieux comprendre, un petit retour en arrière s’impose. En 2011, parmi les premiers appels d’offres offshores françaises, trois sont remportés par EDF, allié à Alstom (dont la branche énergie, est devenue General Electric), et l’un par l’espagnol Iberdrola. En 2014, Engie et Siemens remportent un autre projet au large du Tréport. Cependant, tout cela est fait un peu dans l’improvisation, car la France doit rattraper ses voisins. En effet, plus de 4 000 éoliennes en mer tournent en Europe, et la France, qui possède la première façade maritime du continent ne compte toujours aucune éolienne offshore en activité.

La réalisation de ces projets se transforme en parcours du combattant avec des recours qui se multiplient. Le cadre réglementaire n’est pas prêt, et les autorisations restent en plan. Au final, d’importants retards et aucune réalisation ne sont prévus avant 2020, voire 2021.

Dans le même temps, les coûts de l’offshore ont nettement baissé ailleurs en Europe. Au Royaume-Uni ou en Allemagne, ils se situent aujourd’hui aux environs de 60 euros le MWh, donc plus question pour le gouvernement français d’honorer des appels d’offres attribués à des tarifs d’électricité avoisinant les 190 euros le mégawattheure, même pour soutenir la filière. Rappelons, que le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, expliquait fin mars, “il faut faire plus d’énergies renouvelables avec les mêmes moyens. Il faut utiliser le même argent pour en faire plus”.

Du côté du Syndicat des énergies renouvelables (SER), on se satisfait de l’ouverture des négociations, mais pour Jean-Louis Bal, président du SER, “c’est le seul aspect positif : les prix annoncés en Europe du Nord ne concernent pas des projets qui se réalisent actuellement et sont basés sur des éoliennes qui n’existent pas. Si cela aboutissait à remettre en cause tous les projets, la filière industrielle serait anéantie, les usines existantes devraient licencier”. On parle d’une menace sur 15 000 emplois.

Il est clair, que le gouvernement ne veut donc pas arrêter les chantiers éoliens offshores, mais il en veut pour son argent. “C’est une méthode de négociation très ferme”, fait remarquer un des porteurs de projet.
Crédit photo :
1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom