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L’Afrique reste le continent le plus touché par la mortalité infantile

le 17 octobre 2018 à 11:10 

Même si elle nous apparaît toujours insupportable, on peut se réjouir de savoir que globalement, la mortalité infantile a diminué partout dans le monde. Elle est passée de 1,7 million par an en 1990, à 900 000 en 2017. Cependant, un article publié dans Population et sociétés, la revue de l’Institut national d’études démographiques l’INED, met en exergue qu’elle n’a pas diminué de façon uniforme. En effet, il faut noter que dans 55 % des cas, ces jeunes vivaient en Afrique subsaharienne.

Le démographe Bruno Masquelier, auteur d’une étude publié par l’INED, explique “la zone qui concentre la plus grande surmortalité pour cette classe d’âge puisque la moitié des décès y ont lieu alors que seuls 21 % de la jeunesse du monde, y grandit aujourd’hui”. De fait en ce début de 21e siècle, un enfant à 5 ans, lorsqu’il a traversé avec succès les premières années de sa vie et évité toutes les causes de mortalité infantile, a encore 20 fois plus de risques de mourir avant ses 15 ans que s’il vivait en Europe. Sur les sept pays qui concentrent 98 % de cette mortalité, quatre sont africains, le Nigeria, la République démocratique du Congo (RDC), l’Ethiopie et le Niger et que l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale concentrent un tiers du total des jeunes décédés avant leur seizième année.

Réalisé avec l’Unicef, le travail sur cette tranche d’âge de 5 à 15 ans, est une première mondiale. Il apparaît, que les causes accidentelles ne sont pas les plus meurtrières. Dans ces pays, le danger est plus classique, “les diarrhées, les infections respiratoires, la rougeole et la méningite sont responsables de 28 % des décès à ces âges, le paludisme et les autres maladies tropicales de 11 %, la tuberculose et le sida de 9 %”. Pourtant, le dépistage pourrait s’effectuer relativement efficacement, car ces jeunes passent par l’école, qui doit servir de lieu de prévention. La revue de l’INED, souligne “la lutte contre les vers parasites intestinaux, la promotion des moustiquaires imprégnées d’insecticide, l’éducation à un mode de vie sain ou encore les programmes de vaccination et de nutrition, sont quelques exemples des interventions sanitaires à mener en milieu scolaire”.

En toile de fond de ce drame, il y a toujours l’extrême pauvreté dont les chiffres épousent ceux de cette mortalité. Si l’extrême pauvreté recule à l’échelle mondiale, la répartition est là aussi, particulièrement dure avec l’Afrique subsaharienne. Elle concentre désormais à elle seule, plus de la moitié des personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour.

Une situation, qui résulte et se maintient, car de nombreux pays africains sont des producteurs de matières premières qui amènent une expansion économique qui ne profite pas assez aux ménages situés tout en bas de l’échelle des revenus. Il faudrait un véritable virage politique et une remise en cause de la gouvernance et des influences extérieures, pour faire évoluer une croissance actuellement trop inégalitaire et peu créatrice d’emplois.

Carolina Sánchez-Páramo, directrice de l’unité pauvreté de la Banque mondiale rappelle, “être pauvre, cela ne concerne pas seulement le niveau de revenu et de consommation. C’est aussi faire face à toutes sortes de privations touchant l’accès à l’éducation, aux services de santé ou à l’eau potable, et être davantage exposé aux fragilités climatiques”.

Crédit photo : Eric Montfort

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