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Industrie pharmaceutique : le tweet (très) coûteux de Bernie Sanders

le 19 octobre 2016 à 6:46 

La maladie, les médicaments, cela rapporte gros à l’industrie pharmaceutique qui se porte bien. Tout le monde le sait, et Bernie Sanders l’ex-candidat démocrate aussi. Il vient de faire une démonstration de son influence, à leurs dépens. Un tweet de sa part dénonçant “la cupidité ” d’une firme sur le réseau social, a déjà fait perdre à celle-ci 387 millions de dollars (352 millions d’euros).

Ariad, est une firme pharmaceutique américaine. Elle produit entre autres, un médicament contre la leucémie nommée Iclusig, qu’elle facture à près de 16 560 dollars par mois, soit 199 000 dollars par an. Le prix élevé de ce médicament a subi pas moins de quatre hausses de prix cette année. Ces augmentations ne peuvent pas s’expliquer par de mauvais résultats pour la firme, car celle-ci a vu les ventes de ce médicament, quasiment doubler, pour atteindre 65 millions de dollars au deuxième trimestre, par rapport au premier trimestre.

C’est ce type d’attitude que Bernie Sanders veut mettre en évidence. C’est pour cela qu’il s’est fendu d’un tweet d’une vingtaine de mots bien étudiés, qu’il a adressé à ses 2,65 millions de followers. L’effet ne s’est pas fait attendre, un plongeon de 15 %, en bourse pour l’action Ariad, cela représente donc une perte de 387 millions de dollars pour le laboratoire.

Ce n’est pas vraiment une première pour ce type d’actions vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique. Hillary Clinton avait déjà fait la même chose l’année dernière, provoquant ainsi une baisse de l’index Nasdaq Biotechnology, en dénonçant avec un tweet des « prix abusifs ». Elle avait aussi fait dégringoler l’action de la firme pharmaceutique Mylan en août dernier, en appelant à une baisse du prix de l’EpiPen, un médicament d’urgence contre les allergies.

Il paraît évident, que ce type d’actions, hélas, ne peut se faire qu’occasionnellement, sinon elle deviendrait vite inefficace. Il est cependant dommage, que l’on s’en serve plutôt en période électorale, que quand c’est vraiment nécessaire. C’est pour cela, que ces types histoires, nous laissent un arrière-goût particulièrement amer, et qui rapidement nous fait froid dans le dos. Tout paraît terrible, d’une part l’attitude sans vergogne de ces financiers, qui voient dans la maladie et la souffrance des gens, ainsi que des familles de l’argent à se faire.

D’autre part, cette histoire met en évidence la puissance de persuasion, que certains peuvent avoir avec simplement un téléphone portable. Cela revient à posséder le pouvoir de décider en fait de ce qui est bien ou pas bien, et surtout de s’en servir au moment où cela nous arrange, et pour des raisons pas toujours aussi désintéressées que l’on pense. Il ne faut pas perdre de vue ce phénomène, qui peut apparaître encore plus inquiétant, car on le sait, le pouvoir d’où qu’il vienne peut rendre fou.

Visiblement, cette fois Bernie Sanders a été bien inspiré, mais en sera-t-il toujours pareil, et surtout, tout le monde ne s’appelle pas Bernie Sanders ?

Crédit photo : Andree Reno Sanborn

 

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