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Boeing, de nouveau au cœur de turbulences pour avoir caché des documents

le 21 octobre 2019 à 17:33 

Un ciel qui s’assombrit et des risques de turbulence accrus pour le Boeing 737 MAX. En effet, le régulateur de l’aérien américain accuse Boeing de lui avoir caché des documents importants. Il s’agit notamment d’un échange entre des employés, à propos du système automatique, MCAS, qui devait empêcher l’avion de partir en piqué. Les essais en simulateur semblaient indiquer, que ce système avait des conséquences négatives sur le pilotage de l’avion.

Or, c’est justement le MCAS, qui a depuis été mis en cause dans l’accident d’un 737 MAX d’Ethiopian Airlines, qui s’est écrasé le 10 mars au Sud-est d’Addis-Abeba quelques minutes après le décollage, provoquant la mort des 157 personnes à bord. Il est aussi au cœur des problèmes, qui ont abouti au crash, le 29 octobre 2018, d’un 737 MAX de Lion Air ayant fait 189 morts.

Depuis, le 737 MAX, qui avait été homologué et autorisé à voler en mai 2017 par la FAA, a été cloué au sol à travers le monde, et des incertitudes entourent son retour en service.

Justement, c’est le sujet des échanges sur la messagerie instantanée, qui date de novembre 2016, soit un an avant la certification du 737 MAX. Mark Forkner, à l’époque un pilote de Boeing, disait à un collègue à propos du MCAS, il “déraille dans le sim“. Une constatation gênante, car avec l’aval de l’agence fédérale de l’aviation (FAA), il n’avait pas fait mention du MCAS dans le manuel de vol. Il est vrai qu’à l’époque, le régulateur était convaincu que le dispositif informatique n’était ni dangereux ni amené à intervenir souvent, il avait donc donné son feu vert. De plus, la FAA a précisé que l’autorisation du régulateur n’était pas requise.

Si c’est bien Boeing, qui a alerté le département des Transports de l’existence de ces messages instantanés entre les deux employés, le régulateur regrette que l’avionneur ait mis plusieurs mois pour les porter à la connaissance de l’agence fédérale de l’aviation. Steve Dickson, un des responsables de la FAA a écrit “j’attends vos explications immédiatement concernant le contenu de ce document et les raisons pour lesquelles Boeing en a retardé la divulgation à son régulateur en charge de la sécurité“.

Il est évident, que tout le monde va ouvrir le parapluie dans cette affaire. Dennis Muilenburg, aux commandes de Boeing se veut rassurant. Il insiste, “en début d’année, nous avons donné le même document à la bonne autorité enquêtant“, c’est-à-dire le département de la Justice. Boeing, dans un communiqué, fait remarquer sa coopération volontaire et sa bonne volonté dans cette affaire.

Cela ne suffira certainement pas, car la question demeure, “pourquoi ces échanges ont-ils été dissimulés ? A-t-on cherché à les cacher ?”. Les conséquences sont déjà connues, Dennis Muilenburg s’est vu retirer récemment sa casquette de président du Conseil d’administration, et des rumeurs sur son possible limogeage sont dans l’air.

Plus grave, à Wall Street, l’action a chuté de 6,79 %. On en oublierait presque, qu’il y a surtout eu des morts tragiques.

Crédit photo : Huy Do min

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