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Center Parcs Roybon : un consensus encore possible, mais pas avec tout le monde…

le 22 mai 2015 à 19:44 

Roybon Center Parc

Sur la commune de Roybon, dans l’Isère, le groupe d’hôtellerie touristique Pierre et Vacances prévoit depuis plusieurs années la construction d’un nouveau Center Parcs. Attendu avec impatience par les dirigeants politiques locaux de tous bords (socialistes, UMP et même écologistes) pour ses retombées espérées sur le développement d’un territoire sinistré, plébiscité par les habitants de la commune et des environs (qui se mobilisent via différents groupes sur Facebook), le projet a en revanche fait l’objet de plusieurs recours juridiques de la part d’associations locales (chasseurs et pêcheurs) qui craignent que toutes les incidences sur les milieux naturels n’aient pas été prises en compte. La justice est appelé à trancher sur ce point : alors que le ministère de l’Environnement, par la voix de la ministre Ségolène Royal, a appelé à la concertation, le groupe PVCP a d’ores et déjà consenti des évolutions à son projet initial. 
Le porteur du projet, a notamment joué le jeu de l’ouverture en dédiant un site web au projet de Roybon. Il y clarifie deux points centraux dans la crispation des opposants : les zones humides, en rappelant que la définition officielle confond en fait des zones humides à forte valeur environnementale (comme les marais ou les tourbières) et des zones humides dites “géologiques”, qui sont en fait des sols laissant circuler l’eau, mais sans valeur environnementale. Or, le site prévu doit s’installer sur des zones relevant de la seconde sorte, donc à faible valeur écologique. D’autre part, PVCP répond à l’idée reçue de “l’atteinte à la forêt”, en démontrant que le bois concerné, outre qu’il représente une toute petite partie du massif (moins de un demi pourcent), est constitué d’ arbres communs destinés de toutes façons à la coupe pour faire du bois de chauffage.
Mais à regarder plus en détail, il apparaît aussi que Center Parcs a consenti des adaptations, recommandées par les experts écologistes qui ont pu étudier le site. Constatant, par exemple, qu’une espèce de plante (la petite scutellaire) était présente sur le site initialement retenu, le maître d’ouvrage a fait le choix de réduire la taille de son projet (réduisant l’implantation initiale de 10 cottages) pour sécuriser ces plants. De même, un processus de régulation thermique des eaux rejetées dans le milieu naturel a été redimensionné pour apporter des garanties aux pêcheurs. Le choix même du site initial et de l’implantation du centre a été effectué après avis d’écologues. Difficile donc de parler d’un projet imposé sans concertation et destructeur de l’environnement, comme pourrait l’être le barrage de Sivens. Comment le débat en-est il donc arrivé à s’envenimer à ce point ?
En fait, Roybon a “profité” de la notoriété d’un phénomène croissant, déjà rencontré à Sivens ou à Notre-dame-des-Landes. Car à côté des débats juridiques et des recours légaux contre le projet, le chantier prévu fait désormais l’objet d’une occupation sauvage sous la forme d’une ZAD (ou zone à défendre, un terme qui fait d’ailleurs son entrée dans le Larousse de 2016). En termes d’arguments, ils contestent tout d’abord le modèle même du Center Parcs (tourisme de masse), mais aussi les retombées réelles en terme d’emploi (parlant d’emplois précaires, à temps partiel, et contestant les évaluations du nombre d’emplois créés diffusés par les partisans du projet),  et l’impact sur l’environnement (destruction de zones humides, impact sur le cycle de l’eau…). Des zadistes qui ont cependant fait l’objet d’une récente enquête journalistique en immersion, qui a révélé des personnalités aux profils et motivations diverses, avec un recours fréquent à l’alcool, aux drogues et à la violence.
Dès lors, un dialogue constructif reste-t-il possible ?
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