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Chine : un patron se plaint des impôts et du coût du travail

le 23 décembre 2016 à 13:41 

On n’est jamais content de ce que l’on a, et de la situation dans laquelle on se trouve. Cao Dewang, président du groupe Fuyao (verre pour automobiles) vient d’ouvrir une usine géante aux États-Unis. Il en a profité pour dénoncer publiquement le poids des impôts, et le coût élevé du travail en Chine. Apparemment si le pays change, le discours patronal reste le même.
Un discours particulièrement étonnant venant de Chine, que Pierre Gattaz n’aurait pas renié. Très concrètement, Cao Dewang, président du groupe Fuyao, qui se présente comme le plus grand exportateur de verre automobile au monde, a ouvert en octobre une usine géante dans l’Ohio (Est des États-Unis) avec des milliers d’emplois à la clé. Il a expliqué les raisons de cet investissement en déclarant dans le magazine China Business News, qu’il considère les impôts chinois, comme “les plus élevés du monde”. Selon lui, les entreprises du secteur manufacturier sont soumises en Chine à une fiscalité 35 % plus lourde qu’aux États-Unis.
Inutile de dire que ce type de déclarations n’est pas passé inaperçu et ce n’était surement pas le but. Ce que l’on pourrait appeler un début de délocalisation a été l’un des principaux sujets agitant l’internet chinois ces derniers jours. Comme partout, les reproches classiques dans ce cas-là, se sont manifestés. Il est accusé de vouloir “s’enfuir” du pays, “je ne m’enfuis pas et ne m’enfuirai pas. Le centre de mon activité est en Chine”, s’est-il défendu mercredi dans le journal Xinjingbao (Beijing News). “Je rappelle simplement au gouvernement que les impôts et le coût du travail sont trop élevés”.
Cependant, il semble que son discours soit aussi relayé par la presse proche du pouvoir. Selon Li Weiguang, professeur à l’Université de finance et d’économie de Tianjin (nord), “la Chine risque de perdre sa compétitivité dans le secteur manufacturier si elle ne réduit pas le fardeau fiscal qui pèse sur les entreprises”. En bon stratège, Cao Dewang ne remet pas en cause la loyauté au fonctionnement du parti et de l’état, mais insiste sur la nécessité pour une entreprise chinoise à rayonnement mondial à être présente partout dans le monde
Voilà un élément nouveau dans les relations sino-américaines alors que Donald Trump a plusieurs fois promis de faire “revenir aux États-Unis” les emplois délocalisés en Chine.
Patrons de tous les pays unissez-vous…

Crédit photo : Ken Lennox

 

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