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Birmanie : des milliers de manifestants contre un projet de barrage Chinois

le 24 avril 2019 à 8:35 

La Birmanie, comme de nombreux pays en voie de développement, a besoin d’investisseurs et de nouvelles infrastructures pour soutenir son développement. Le souci dans ce cas-là, c’est de ne pas céder à la facilité et s’engager dans des accords que l’on peut regretter ultérieurement. A ce jeu-là, traiter avec la Chine peut s’avérer délicat. C’est ce qui arrive dans le nord de la Birmanie où plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour protester contre la relance d’un projet de barrage soutenu par la Chine. Ils estiment qu’il provoque des dégâts énormes pour l’environnement et apporte peu de bénéfices au pays.

Le très vaste projet chinois nommé très joliment les “Nouvelles routes de la soie”, consiste à mettre en place et investir dans des futures possibilités de productions énergétiques nourricières variées et de pouvoir diriger les flux commerciaux en leur faveur. De très nombreux pays sont concernés par ses investissements massifs chinois et parmi eux, l’ancienne junte birmane. Celle-ci, avait signé un contrat en 2009 avec Pékin pour construire le barrage de Myitsone. Ce dernier, installé dans l’Etat septentrional de Kachin, représente un coût de 3,6 milliards de dollars et doit générer une production électrique de 6 000 mégawatts.

Cependant, comme toujours cela n’est pas sans conséquence sur la région concernée. Le fleuve Ayeyarwaddy, inondera une région et entraînera le déplacement de plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Le Fonds mondial pour la nature (WWF), a quant à lui indiqué dans un rapport publié en 2018, que près de 34 millions de personnes vivent dans le bassin du Ayeyarwaddy, soit presque les deux tiers de la population birmane. Une étude environnementale menée il y a cinq ans à la demande du gouvernement, a fortement déconseillé la construction de ce barrage, estimant qu’il altérerait le cours du fleuve à une grande échelle.

Suu Kyi, était également opposée à ce projet avant que son Parti n’accède au pouvoir à l’issue des élections de 2015. Dans un premier temps, la période de transition du pays vers la démocratie, a fait passer ce projet à la trappe. Cependant, dans un discours en mars, la dirigeante birmane a expliqué qu’il fallait réexaminer la question du barrage “sous un angle plus large”. La Chine tente actuellement de mettre la pression sur son voisin pour relancer ce projet controversé. Cette prise de position plus souple à l’égard du barrage, intervient alors que la dirigeante du gouvernement civil Aung San Suu Kyi part à Pékin pour assister au sommet des “Nouvelles routes de la soie”, à l’initiative de la Chine.

Depuis son arrivée au pouvoir, San Suu Kyi n’est plus à un revirement de position près. Ce barrage en Birmanie est un exemple de pression, que la Chine entend bien exercer sur les gouvernements en place, pour que son grand projet de “Route de la soie” lui assure des débouchés vers les marchés mondiaux et des apports dont elle a besoin.

Crédit photo : tc kniss

 

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