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Le Mékong : un fleuve international maltraité pour et par les Chinois

le 25 janvier 2020 à 12:36 

De même que le Nil suscite inquiétudes et rivalités dans les pays qu’il traverse, comme tous les grands fleuves, le Mékong fait l’objet de convoitises. Son emplacement stratégique et son importance économique n’échappent pas à la Chine. Le pays veut le faire passer sous sa domination surtout économique. Tout ceci, n’est pas du goût des autres pays et notamment la Thaïlande.

Si les Thaïlandais l’appellent la “mère rivière”, ce n’est pourtant pas le pays le plus concerné. En effet, le Mékong s’étire sur 800 kilomètres au Laos, 500 kilomètres au Cambodge et seulement 97 kilomètres en Thaïlande. Près de 70 millions de personnes en dépendent, pour vivre à travers la pêche, les transports, et l’énergie produite par le fleuve. Or, le Mékong, c’est plus que cela, c’est une présence millénaire que l’on retrouve dans les cultures locales et les croyances. Les Chinois sont largement concernés par les destinées du fleuve, qui prend sa source dans les hauts plateaux de l’Himalaya, au Tibet, pour dévaler vers la province chinoise du Yunnan. Le souci, c’est qu’ils se sentent tellement concernés, qu’ils en oublient un peu les autres pays.

Une fois qu’il a fini de traverser le Yunnan, le Mékong irrigue toute l’Asie du Sud-est. Or, les aménagements entrepris par les Chinois pour le passage de gros bateaux ne sont pas sans conséquences. Il faut dire, que les Chinois ont entrepris d’aménager le passage de cargos de plus de 500 tonnes, pour servir leurs intérêts commerciaux. Ainsi aménagé, le Mékong permettrait de faire passer des navires militaires jusqu’en mer de Chine, un territoire clé et source de tensions entre de vieux ennemis, la Chine, le Vietnam et les Philippines.

Ce n’est pas tout, Pékin contrôle déjà le flux de l’eau. Ils ont construit une dizaine de barrages installés en amont du fleuve. Les conséquences, ont déjà été ressenties par les pécheurs. Les stocks de poissons se sont effondrés, certaines espèces ont disparu. A cela, il faut rajouter que la retenue des sédiments par les barrages, provoque une salinisation des eaux qui menace d’engloutir le delta du Vietnam.

Pour mener tout cela à bien, les Chinois profitent de la pauvreté du Laos et du Cambodge. Ils négocient le contrôle du fleuve à grands coups d’investissements et de constructions d’infrastructures indispensables à l’essor de ces pays. Pour le moment, seule la Thaïlande résiste avec ses moyens limités à cette destruction programmée de l’écosystème du fleuve.

Crédit photo : Eric Lecoustre

 

 

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