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Le sommet de la francophonie dans un des pays les plus pauvres

le 28 novembre 2016 à 11:35 

A Madagascar, vient de se terminer le 16e sommet de la francophonie, il faut espérer que les chefs d’État présents ne vont pas oublier qu’il s’est tenu dans l’un des plus pauvres pays au monde. Il serait souhaitable, que l’argent investit dans cet événement puisse servir un peu les intérêts de la population malgache trop souvent oubliée.
Le 16e sommet de la francophonie, a réuni plus d’une quarantaine de délégations, de chefs d’État, et de gouvernements dans la capitale d’Antananarivo. Un événement exceptionnel pour le pays, qui avait été exclu durant cinq ans de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF, qui regroupe 80 membres) après le coup d’État contre le président Marc Ravalomanana de 2009. Le pays a réintégré l’organisation en 2014 avec l’arrivée au pouvoir du nouveau président Hery Rajaonarimampianina le 25 janvier 2014.
Cependant, au-delà des démêlés politiques, c’est surtout sur les conditions de vie de la population que doivent maintenant aussi converger les regards, et les médias. Le sud de l’île est menacé par une famine sans précédent. La directrice exécutive du Programme alimentaire mondiale (PAM, une agence onusienne) Ertharin Cousin, qui rentre d’une mission sur le terrain qualifie “la situation comme extrêmement inquiétante”, elle explique, “la faim, et la malnutrition que nous voyons sont le résultat de trois années de récoltes perdues. J’ai rencontré des femmes qui m’ont dit qu’elles n’avaient rien pour nourrir leurs bébés, sauf le fruit du cactus rouge planté au bord de la route”.
La situation est confirmée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui avance que 1,4 million de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire dans le sud du pays, et appelle à un accroissement rapide de l’aide d’urgence.
Tous ceci, ne sont que des mesures d’urgence, car le mal est profond dans l’ensemble de ce pays qui se classe en cinquième position des pays les plus pauvres au monde. Plus de 90 % de la population, vit en-dessous du seuil de pauvreté, tout ce qui fait ce pays disparaît. L’État est en déliquescence, et ne peut plus correctement assurer la sécurité, la justice, il n’y a plus de système de santé. Les infrastructures routières se détériorent tous les jours, les communications sont difficiles.
Jean-Louis Vivier, avocat de profession, a consacré deux livres sur la situation politique à Madagascar. Il s’indigne, car “c’est un pays abandonné” et il constate que “Madagascar possède des ressources, comme la vanille ou le bois, mais leurs exploitations ne profitent pas aux habitants, mais à des groupes, souvent armés qui en font le commerce”.
Il est facile de comprendre, que le manque de transparence, l’opacité qui entoure les énormes sommes engagées pour l’organisation d’un tel sommet, aient déclenché la colère des habitants.
On laisse le mot de la fin au mouvement citoyen, “Wake-up Madagascar”, qui a écrit un courrier à l’OIF. “Une situation inacceptable dans un pays où la transparence de la gestion et de l’administration des deniers publics doivent être priorisées pour lutter efficacement contre la corruption. Ce, en particulier, pour l’organisation d’un sommet qui réunit des nations qui promeuvent démocratie et bonne gouvernance”.

Crédit photo : Nihat Karabiber

 

 

 

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