Top

Luc Besson abandonne l’exploitation des salles de cinéma

le 29 décembre 2016 à 11:49 

Clap de fin, Luc Besson exploitant de salles de cinéma, c’est terminé. Son studio EuropaCorp a annoncé vendredi 16 décembre avoir finalisé la cession de cette activité aux cinémas Gaumont Pathé. Le montant de la vente s’élève à 21 millions d’euros.
Ce sera une activité pour un personnage certainement très occupé, car n’oublions pas, qu’il est réalisateur, producteur, scénariste. Il a aussi créé la cité du cinéma, une association qui porte son nom, et une école de la Cité de Luc Besson, qui est installée au cœur de la Cité du Cinéma à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
La cession de l’exploitation des salles de cinéma, met fin à plusieurs années de rebondissements incessants. En 2005 à Marseille, la société de Luc Besson, EuropaCorp remporte un appel d’offres lancé par l’établissement public EuroMéditerranée pour construire un multiplexe. Il s’associe alors, avec la Foncière des Régions et Prédica (filiale du Crédit Agricole). Le prix de cession, relativement faible de 300 000 euros présage d’une bonne affaire.
A partir de là, tout s’enraille, car l’ouverture prévue, à la base pour 2011, n’a toujours pas pu se faire en raison de multiples problèmes. D’abord, l’autorisation accordée par la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) en 2008 est annulée en 2012 pour vice de forme par des concurrents locaux. Il a donc fallu, une nouvelle autorisation, adoptée celle-là en 2014. Les travaux devaient enfin commencer début 2017.
Cependant, comme souvent, Luc Besson voit plus grand (trop grand) et surtout plus rentable. La construction de salles de cinéma coûte cher, mais l’exploitation de salles permet d’engranger des revenus réguliers, et plus sûrs que la production. Un projet pour construire 8 à 10 multiplexes d’ici 2020 est mis en place. En fait, seul celui du centre commercial d’Aéroville, près de Roissy sera construit.
Les soucis continuent, EuropaCorp se fâche avec l’architecte d’Aéroville, à six mois de l’ouverture d’Aéroville, des divergences apparaissent. EuropaCorp saisit l’ordre des architectes, puis résilie le contrat.
Idem pour l’assistant à la maîtrise d’ouvrage à Aéroville, qui a conduit à un dépassement de 2,6 millions d’euros. Son successeur, Philippe Beauvalot, rattrape une partie de ce surcoût, en économisant 1,5 million d’euros. Cependant, le contrat de Philippe Beauvalot est résilié à peine six mois plus tard pour une histoire d’infiltrations de toiture.
On tombe dans le ridicule, car le multiplexe d’Aéroville est inauguré en grande pompe le 16 octobre 2013 sans avoir le feu vert de la commission de sécurité, qui arrive qu’un mois plus tard.
Comme souvent dans ces cas-là, tout ce joli petit monde, se retrouve devant les tribunaux. Naço la société du premier architecte, a porté plainte contre EuropaCorp, devant le tribunal de commerce et le tribunal de grande instance sans grand succès. Puis EuropaCorp a attaqué le nouvel architecte, Christian Marina, devant le tribunal de commerce. De son côté, Beauvalot a attaqué EuropaCorp devant le tribunal de commerce, qui lui accorde 448 155 euros. Devant le refus d’EuropaCorp de payer, Beauvalot a donc procédé à une “saisie attribution”.
Vous l’aurez compris, il était temps que Luc Besson se retire de ce “beau bo…l”. Ce n’est pas la première fois qu’il se retrouve au cœur de procès et de polémiques. Dommage, il semble que chez lui, l’homme d’affaires l’emporte sur l’artiste.
En tout cas si un jour, il veut un scénario pour un film sur l’argent et les “dessous de l’industrie du 7e art”, il est servi…

Crédit photo : Gage Skidmore

 

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom