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La CMU a 20 ans, il faut l’aider à mûrir pour rester efficace

le 30 juillet 2019 à 4:40 

Elle est le recours des plus démunie, une avancée majeure dans l’accès aux soins pour certains. Cependant, elle est aussi souvent sujette à des commentaires particulièrement durs et non dénués de sous-entendus pour d’autres, mais elle résiste. La CMU, vient de passer le cap des 20 ans. D’ailleurs, le gouvernement s’apprête à lui faire une mise à jour. A l’occasion, elle va changer de nom, la couverture maladie universelle (CMU) va devenir la “complémentaire santé solidaire”. Le but est d’étendre sa contribution à davantage de foyers modestes, toujours confrontés à certains freins.
Petit rappel historique, c’est le 28 juillet 1999, que la CMU fut inscrite au Journal officiel et elle fut lancée début 2000, par l’ancienne ministre de la Solidarité Martine Aubry. Le but initial, était alors simple, il s’agissait tout d’abord de garantir l’affiliation à l’assurance-maladie de toute personne résidant en France de façon stable et régulière. Cela concernait environ 150 000 personnes, qui sans être forcément démunies, ne disposaient d’aucune couverture du fait de situations atypiques.
Pour la majorité d’entre nous, il est question de la CMU complémentaire (CMU-C), sorte de mutuelle gratuite permettant aux plus modestes de se faire soigner sans avance de frais. Cependant, ce n’est qu’une partie de la mise en place. En 2015, a été créée la protection universelle maladie (Puma), censée éviter les lourdeurs administratives et les ruptures de droits liées aux changements de situation professionnelle ou familiale. A ce titre, cela concerne près de 2,5 millions de personnes.
Bien sûr, tout cela apparaît globalement, comme une bonne chose. Le président de Médecins du Monde, le Dr Philippe de Botton, y voit même “la plus grosse avancée dans l’accès aux soins” depuis 20 ans. Cependant, au-delà des détracteurs de base stigmatisant une aide à des personnes qui n’ont rien à faire en France ou des assistés chroniques, le système pourrait être amélioré, selon ses partisans.5,7 millions de personnes bénéficiaient de ce dispositif, mais “le taux de non-recours à la CMU-C est toutefois important“. La Drees, le service de statistiques des ministères sociaux évalue de 34 à 45 % de bénéficiaires potentiels, qui n’utilisent pas ce droit. En cause, des demarches pas toujours simples, mais aussi tout simplement la honte d’être “assistés” ou “stigmatisés”. A cela, il faut rajouter hélas, les refus de soins des “patients CMU” par certains médecins.
La nouvelle réforme vise à regrouper les aides pour un accès plus simple et plus direct. La directrice du Fonds CMU-C, Marianne Cornu-Pauchet, explique “entre 41 % et 59 % des personnes éligibles, soit 1,1 à 2,3 millions, ne recourent pas à leurs droits. Le gouvernement a donc décidé de fusionner, à compter de novembre, la CMU-C et l’ACS au sein d’une complémentaire santé solidaire”. Tout cela part du constat, que l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS), n’est pas vraiment utilisée. Sa mise en place en 2005, pour permettre aux personnes aux revenus modestes, mais supérieurs au plafond CMU de financer une partie de leur complémentaire, est utilisé seulement par 1,3 million de personnes fin 2018.

Crédit photo : assurance sante

 

 

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