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Et voici le salarié de l’usine qui n’existe plus !

le 30 décembre 2016 à 14:13 

Il existe des emplois fictifs, du travail inutile, des jobs étranges, voici un salarié d’une usine qui n’existe plus. Il y a des gens qui perdent leurs emplois alors que l’entreprise tourne bien et parfois même très bien. Concernant Serge Roudaut, délégué syndical Force ouvrière et secrétaire du comité d’entreprise, c’est le contraire, il est le dernier salarié de Jabil Brest. Une usine qui a fermé en septembre 2015.
Une situation paradoxale, qui se trouve être la suite d’un imbroglio comme on les aime. Le 29 septembre 2015, les 75 derniers salariés de l’usine Jabil, fabricant de matériel électronique, assistaient à la fermeture du site. Ils sont licenciés dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Le énième d’une longue série.
Tout le monde est licencié, tous…non un seul résiste encore et toujours comme chez Astérix, car 15 mois plus tard, l’usine compte encore un salarié…Serge Roudaut, 59 ans, délégué Force ouvrière et secrétaire du comité d’entreprise, qui n’a pas encore été licencié. Il explique sa situation, « je suis en dispense d’activité. Je suis le seul salarié d’une usine qui n’existe plus ! Je suis payé, je continue à accumuler les congés payés. Mais on ne m’a pas imposé l’obligation d’être présent, donc je reste chez moi. De toute façon, l’usine a été complètement vidée. Il ne reste même plus un balai “.
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé du côté de la direction de l’entreprise Jabil à demander son licenciement à deux reprises. Cependant, les demandes ont été annulées, par l’inspection du travail, puis par la ministre du Travail Myriam El Khomri, pour des vices de procédure. Cela a donné lieu à quelques situations hors normes comme se voir signifier son 3e licenciement. En effet, Serge Roudaut a reçu un mail, pour passer à l’usine afin de signer l’ordre du jour du comité d’entreprise. Le PDG est venu en personne de Belgique pour présider la réunion, réunion “où on était deux ! ».
On pourrait arriver “naturellement” à une solution, car comme le précise le “toujours salarié”, “même si je suis licencié fin février, je m’inscrirai à pôle Emploi et j’aurai alors plus de 60 ans. Avec les trois ans d’Assedic auxquels j’ai le droit, j’aurais atteint l’âge de la retraite ”.
Ce sera donc la véritable fin de 35 ans de travail de Serge Roudaut à Jabil, qui confesse « dans le fond, je ne sais pas réellement pourquoi Jabil a fermé le site de Brest. D’ailleurs, je ne sais toujours pas pourquoi il l’avait acheté ».
Cependant, le syndicaliste ne perd pas le nord et avant de tirer son chapeau, il a, avec son avocat, l’intention de déposer aux Prud’hommes une demande de 635 000 € de dommage et intérêts pour, « discrimination syndicale sur mon salaire durant mes 35 ans de carrière ». L’audience aura lieu en juin 2017. Il va aussi déposer une demande de dommages et intérêts de 55 000 € pour « légèreté de l’employeur, ayant conduit à la cessation d’activité en raison du non-respect des engagements écrits signés par lui en 2002 avant l’achat de l’usine à Alcatel. »
Le syndicalisme n’est-il pas la défense des intérêts des travailleurs, y compris les siens.

Crédit photo : Adrian Mathieson

 

 

 

 

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