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Neutralité du net : Tout se stocke, tout se saura!

le 29 septembre 2011 à 12:33 

Dans son discours programme sur la cyberpolitique américaine, Hillary Clinton avait prévenu : les États-Unis, “berceau” de l’Internet, ont la “responsabilité” de le protéger.

En juin dernier, le New York Times indiquait que dans cette optique, l’administration Obama travaillait sur plusieurs projets de “valise anti-censure du Net”, afin de créer plus facilement des réseaux fantômes dans les zones sensibles du globe, où les communications sont filtrées. L’un de ces projets, baptisé Commotion, semble aujourd’hui bien avancé.

Les auteurs du projet envisagent d’intégrer Freedom Box au réseau Commotion, notamment pour bénéficier d’une fonction dite de “connexion différée” : “Par exemple, lors d’une manifestation réprimée par la police, un manifestant prend une photo avec un smartphone connecté à Commotion. Internet a été coupé ce jour-là dans le quartier par les autorités, la photo ne peut pas sortir du pays, mais grâce à Commotion, elle est stockée à l’abri, sur une freedoom box locale.

Puis, dès qu’Internet est rétabli, la box envoie automatiquement la photo dans le monde entier. “C’est un projet lancé tout récemment par EbenMoglen, le juriste barbu de la Free Software Foundation. L’objectif est de concevoir un système à base de logiciels libres destiné à permettre de conserver les communications libres et privées soit lors d’une discussion avec des amis ou dans une manifestation de rue. Il sera taillé pour fonctionner dans un serveur de type “plug”.

Il s’agit d’un petit serveur tenant dans une sorte de grosse prise électrique et consommant très peu d’énergie. Si un fournisseur d’accès internet commence à limiter ou interférer avec l’accès à certains services sur Internet, Freedom Box pourra communiquer avec celle d’amis pour trouver une route afin d’acheminer la communication.

EbenMoglen a mis en place une fondation pour porter le projet et sa gouvernance. Une levée de fonds est en cours pour financer le développement au travers du service KickStarter qui vise à réunir 60 000 dollars. Actuellement, un peu plus de 20 000 dollars ont été collectés. Ce type d’outils transformera l’informatique dans les nuages en lui donnant une caractéristique totalement décentralisée pour le grand public et pourquoi pas les entreprises qui l’utiliseront. Vos données ne seront plus dans un des datacenter de Google mais dans les FreedomBox de vos amis.

L’idée de créer un réseau sans fil parallèle aux réseaux de télécommunications des opérateurs ne date pas d’hier. En juin 2000, un collectif d’habitants de Seattle avait créé Seattle Wireless, un réseau WiFi qui permet aux habitants de partager des contenus sans passer par Internet, ou d’accéder au Web sans abonnement chez un FAI (pour peu qu’un autre membre partage sa propre connexion sur les ondes). C’était une première.

Mais aucun projet de ce genre, où qu’il soit, n’a connu de grand succès populaire. La guerre menée par les opérateurs télécom, qui craignent d’être partiellement court-circuités, ainsi que la peur des autorités de France et d’ailleurs face à ce qu’elles ne peuvent contrôler, y sont sans doute pour quelque chose. Un réseau libre, parallèle et gratuit, c’est bon pour lutter contre les dictatures, mais pas vraiment compatible avec le business, avec le PatriotAct américain, ou avec la Hadopi (loi régissant les usages Internet) française…

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