Top

En Turquie, les purges et les interdictions continuent

le 1 mai 2017 à 0:53 

Il est de ces élections, ou de ces votes qui entraînent plus qu’une alternance ou de vagues changements de politiques. Certaines consultations électorales apparaissent devoir dessiner un futur beaucoup plus marqué, plus lourd de conséquences, qui peuvent s’avérer difficiles et dramatiques. En Turquie, deux semaines après sa victoire au référendum renforçant le régime présidentiel, le président Recep Tayyip Erdogan continue ses purges. L’administration turque a congédié samedi près de 4 000 fonctionnaires.

Recep Tayyip Erdogan, ne va pas supporter que l’on puisse contester sa victoire, et que celle-ci n’apparaisse pas écrasante. La réponse à la contestation est nette, et sans concession. Le décret de ces nouvelles purges publié au Journal officiel, n’oublie pas au passage de donner le nom de tous les fonctionnaires concernés. On retrouve dans les 3 974 fonctionnaires révoqués, plus d’un millier d’employés du ministère de la Justice, et un millier d’autres dépendant de l’armée. Près de 500 universitaires travaillant dans les institutions officielles ont aussi perdu leur travail.

Dans la ligne de mire, officiellement, on attaque en priorité tous ceux qui ont des liens présumés avec le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, actuellement réfugié aux États-Unis. L’état d’urgence, a été prolongé, et a permis depuis le putsch manqué, d’arrêter plus de 46 000 personnes, notamment des policiers, des magistrats et des enseignants, et d’en limoger ou suspendre 100 000. Au passage, il semblerait que les mesures ont aussi visé les milieux prokurdes et des médias critiques. Ces mesures ont d’ailleurs suscité l’inquiétude d’ONG, et de nombreux pays européens qui dénoncent une répression tous azimuts.

Celle-ci, a donc pris des aspects divers, par exemple l’accès à Wikipédia a été suspendu en raison d’articles établissant un lien entre Ankara et des organisations extrémistes.

Toujours dans le cadre de ce très pratique état d’urgence, le gouvernement conservateur turc a décidé d’interdire des émissions télévisées très populaires de rencontres. Tout ceci, s’apparente à ce que l’on appelle communément une reprise en main du pays. Le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus, avait déclaré en mars que le gouvernement préparait une interdiction de ses émissions ne respectant pas les traditions turques. « Il y a des programmes étranges qui mettent à la casse l’institution de la famille et lui retirent sa noblesse et sa sainteté», a-t-il précisé. « Si Dieu le veut, dans un proche avenir, nous allons y remédier grâce à des décrets d’urgence ».

L’occasion pour nous, en ces périodes d’élections, de bien cerner l’importance de certaines options qui sont parfois plus qu’une simple alternance, mais un choix sur lequel, il est parfois difficile de faire machine arrière.

En tout cas, côté turque, on comprend mieux l’amélioration des relations avec la Russie de Poutine.

Crédit photo : G20 Turquey 2015

 

 

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom