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Etats-Unis : depuis 2017, les violences d’extrême droite plus meurtrières que les attaques jihadistes

le 2 mai 2019 à 4:33 

« Une femme blanche qui vote Obama est comme une femme noire qui vote pour le Ku-klux-klan »Le nombre d’actes violents perpétrés au nom d’une rhétorique raciste et antisémite et soutenue par la nébuleuse des suprématistes blancs est en nette augmentation aux Etats-Unis. Les actes dramatiques, sont souvent accompagnés d’explications, tirées de sites internet complotistes. Ils sont surtout bien orchestrés pour impressionner tout un public susceptible de verser dans l’irréparable.

On ne compte plus les attaques par des tireurs fous qui se lancent dans des actions horribles. Ils sont juste motivés par la volonté de voir d’autres êtres humains mourir. Dernièrement, c’est une synagogue californienne, qui fut la cible d’un jeune Américain de 19 ans, John Earnest, inconnu jusque-là des services de police. Il a abattu une fidèle et fait trois blessés, et encore si son fusil d’assaut ne s’était pas enrayé, le bilan aurait probablement été beaucoup plus lourd.

Une lettre à son nom, louant les attaques contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande (15 mars, 50 morts) et une synagogue de Pittsburgh (27 octobre 2018, 11 morts), a été mise en ligne peu avant la fusillade. Toute la litanie du jargon, des arguments et des références de l’extrême droite américaine sur internet, y est présente en référence.

Cette recrudescence est surveillée par l’observatoire des groupes extrémistes, Southern Poverty Law Center. Il recense 81 personnes tuées aux Etats-Unis depuis 2014 par des “individus influencés par la droite radicale”. Il assure que l’année 2018 a été “la plus meurtrière” avec une quarantaine de victimes. Bien sûr, un spécialiste expliquera qu’il y a au sein de l’extrême droite blanche, différents courants, différentes factions. Cependant, quelle que soit leur cible de prédilection, ces groupuscules partagent une même peur de l’immigration et du multiculturalisme. Ils disent redouter la dilution  d’une identité blanche, certes réelle, mais dans ce cas largement fantasmée.

Inutile d’y voir de la nouveauté dans les thèmes. Ces idées ne sont pas nouvelles aux Etats-Unis, comme en Europe, on ressasse toujours les mêmes discours haineux et déculpabilisant. Si cela va mal , ce n’est pas notre faute, c’est les autres.

Tout ceci se retrouve sur le devant de la scène par la caisse de résonance internet. Des forums de discussions comme GAB, Stormfront ou 8chan, ont permis le développement de toute une idéologie dans laquelle, les vieux stéréotypes à l’encontre des Juifs, des musulmans, des homosexuels et bien d’autres, sont ressortis au fur et à mesure de l’actualité. Une sorte de juke-box de la haine, dans lequel vous pouvez trouver la petite musique qui vous arrange. L’auteur de la tuerie de Pittsburgh est un terrible et significatif exemple de cet amalgame d’obsessions. Il a déclaré, “HIAS aime amener des envahisseurs pour tuer les nôtres. Je ne peux pas rester assis et voir les miens se faire massacrer, j’y vais“, a t’il écrit avant l’attaque de HIAS, une association juive caritative.

Au bout du compte, en 2017 et 2018, selon le centre d’analyse New America, les violences d’extrême droite ont fait plus de victimes aux Etats-Unis que les attaques jihadistes.

Crédit photo : kkk

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