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Migration irrégulière : L’UE est invité à revoir sa politique

le 2 juin 2011 à 14:59 

La politique restrictive à la libre circulation des personnes imposée par les pays européens a contribué dans une large mesure à amplifier le phénomène de la migration irrégulière.

C’est ce qu’a déclaré, hier, Noreddine Sbia, président du Forum algérien pour la citoyenneté et la modernité lors d’une conférence de presse. «Nous estimons qu’il faudrait que les pays de la rive Nord de la Méditerranée revoient leurs politiques en matière de migration afin de lutter efficacement contre le phénomène de la harraga», a-t-il ajouté.

Ainsi, il a plaidé pour la levée des restrictions à la libre circulation des personnes pour lutter contre la migration irrégulière. «L’émigration devrait passer d’une émigration à sens unique de rupture à une émigration d’échange de visites temporaires mais répétées, entretenues par des stages, une coopération universitaire et professionnelle, des foires et expositions, des voyages touristiques et culturels organisés et guidés», a encore indiqué M. Sbia. La migration irrégulière est une grande préoccupation aussi bien pour les pays de la rive Sud de la Méditerranée, notamment l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Libye et d’une manière générale les pays de la région Sahel, que pour ceux du Nord (Europe), notamment l’Italie, l’Espagne, la France et la Grèce.

«Ce phénomène qui a pris de l’ampleur ces dernières années, doit être traité avec la plus grande rigueur», a ajouté le président du Facm. Détérioration des conditions sociales, cherté de la vie, chômage, injustice, inégalités sociales, désespoir et même échec sentimental sont autant de facteurs qui poussent de plus en plus de jeunes Maghrébins en général, et des Algériens en particulier à s’aventurer en mer souvent à bord de barques pourries dans l’espoir d’atteindre l’«eldorado» européen. Interrogé sur le nombre de candidats à la migration irrégulière et le nombre des personnes qui ont laissé leur vie en pleine mer, Saïb Mohamed Musette, chercheur au Centre de recherche en économie appliquée au développement (Cread) et membre de la Facm, a indiqué qu’il est très difficile de quantifier ce phénomène.

«Chaque institution a ses propres chiffres concernant la migration irrégulière. Les services de police et de la gendarmerie ont les leurs, selon le nombre de personnes qu’ils ont arrêtées avant de «hisser les voiles», les gardes-côtes ont les leurs partant du nombre des migrants arrêtés en pleine mer. «De l’autre côté de la Méditerranée, les statistiques diffèrent aussi», a-t-il expliqué. «Les gardes-côtes italiens par exemple ont des chiffres qui diffèrent de ceux de la police et des centres de rétention. Il est donc très difficile de donner le nombre exact des candidats à l’émigration et ceux des migrants», a-t-il ajouté. Selon le même chercheur, le seul moyen qui permettra de donner un chiffre exact sur ce phénomène est la régularisation des sans-papiers. Parce que dans ce cas-là, les émigrants se présenteront eux-mêmes aux services de régularisation et on pourrait à ce moment-là avoir des chiffres qui s’approchent beaucoup plus de la réalité.

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