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Brexit : la violence des débats se retrouve dans la rue

le 2 octobre 2019 à 6:41 

Pour l’instant, les conséquences concrètes du Brexit, qui n’en finit pas…de ne pas se mettre en place, se retrouvent dans une ambiance devenue malsaine. Le débat semble se pourrir et un climat délétère s’est installé dans le débat public. De quoi inquiéter de nombreux élus britanniques de tous bords, qui depuis plusieurs jours sont méchamment pris à partie. “Very Shocking” dans le pays précurseur de la démocratie parlementaire moderne.

Les choses sont apparues particulièrement évidentes à l’ouverture du Congrès du Parti conservateur, qui a eu lieu à Manchester. Des banderoles hostiles et des manifestations mêlant pro et anti Brexit, se sont succédées tout autour de ce congrès annuel. Il y a même eu des mannequins pendus à un pont. Tout cela, a fait réagir Kerry Boyd, une élue locale du Kent, qui a tweeté “je ne me suis jamais sentie aussi inquiète. Est-ce que ce genre d’attaque, est classé dans la catégorie menace de mort/menace terroriste ? Totalement vil”. La police locale a ouvert une enquête.

Qui sème le vent, récolte la tempête, a-t-on envie de dire. En effet, il faut bien avouer qu’au-delà du bien-fondé ou pas du Brexit, tout ceci doit beaucoup à l’attitude agressive affichée par le Premier ministre Boris Johnson lors de sa dernière intervention au Parlement. Des mots comme “reddition ou sabotage, capitulation” que Boris Johnson a utilisé pour s’adresser aux députés, tient plus du lexique guerrier que du langage politique. Pour Kerry Boyd, comme pour d’autres élus travaillistes, ce sont ces outrances inhabituelles Outre-Manche à propos de l’arrêt historique de la Cour suprême, qui font peser des menaces sur les élus. Celle-ci, a annulé la décision de Boris Johnson de suspendre le Parlement. L’escalade verbale qui s’en est suivi et les vociférations des deux camps, ont fait monter une pression dangereuse.

De son côté, Jess Phillips dit avoir reçu des menaces de mort via les réseaux sociaux. Elle a même diffusé un extrait d’une menace venant d’un adversaire politique anonyme, qui dit “allez crever dans le fossé, c’est ce qui arrive à ceux qui ne mettent pas en œuvre le Brexit”. Un homme, qui l’avait précédemment insultée, a même tenté de briser la vitre de sa permanence de Birmingham avant d’être arrêté par la police.

Tout ceci a déjà conduit à faire sortir de ses gongs, le président de la Chambre des Communes, John Bercow qui a évoqué la “pire atmosphère” jamais vue au Parlement “en vingt-deux ans“. Il avait eu cette remarque globale, “s’il vous plaît, baissez le ton et essayez de vous traiter les uns les autres comme des opposants, pas des ennemis”.

Espérons que les paroles de Brendan Cox, le mari de l’élue assassinée par un néonazi juste avant le référendum sur le Brexit, trouveront un peu d’écho. Il a aussi appelé les personnalités politiques à mesurer les propos. Sa remarque est valable pour le Royaume-Uni, mais aussi pour d’autres pays, “il existe une volonté de décrier l’autre côté lorsqu’ils utilisent un langage comme ‘capitulation’, ‘traître’ ou ‘trahison’. Ceux qui utilisent les expressions de ‘coup d’État’, de ‘dictature’ et de ‘fascisme’ sont aussi des incendiaires”.

Crédit photo : Cri1406

 

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