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Bouteflika, un pouvoir malade et la maladie du pouvoir

le 4 mars 2019 à 19:05 

Le président Bouteflika, vient d’annoncer sa candidature à sa propre succession. Ce n’est ni une surprise, ni une première, car ce sera la 5e fois qu’il se présente. Cependant, cette fois des manifestations contre un 5e mandat du président algérien, ont gagné toute l’Algérie. Il est bon de rappeler l’usage que le président algérien a fait de ses mandats précédents, particulièrement le quatrième qui s’achève. Même, si l’état de santé de Bouteflika inquiète à juste titre depuis de longs mois, il serait réducteur de croire que c’est l’unique raison de cette grosse contestation populaire.
L’état de santé n’est en fait pour de nombreux Algériens, que le reflet et l’image de sa gestion et de son bilan à la tête du pays. Le 4e mandat est apparu clairement comme une lente et terrible déliquescence de son action. Tout ceci était bien sûr à prévoir, car en 2014, l’élection avait déjà reconduit au pouvoir un homme qui sortait d’un AVC, que l’on voyait que trop peu et ne s’était pas adressé au peuple depuis déjà plus d’une année. On pouvait largement mettre en doute sa capacité à concrètement maîtriser les choses, surtout dans les années qui ont suivi.Ces inquiétudes légitimes, ont amené un climat de suspicion et de contestation que le pouvoir n’a eu de cesse de réprimer, comme seule réponse. Un rapport d’Amnesty International 2018 entre autres, souligne les atteintes à la liberté, déjà présentes dès le début du long du règne de Bouteflika, et qui se sont amplifiées durant le 4e mandat. L’Algérie, s’est enfermée dans un système qui réduit les droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association, permet des arrestations et la détention arbitraire de journalistes et de militants, et enfin porte atteinte à la liberté religieuse. Tout ceci est presque devenu caricatural en 2018, tant le harcèlement de la presse, l’instrumentalisation de la justice et la manipulation de l’opinion se sont faits sans prendre la peine de se cacher ou de mettre des formes.En parallèle, un autre signe du pourrissement du pouvoir avec une corruption en hausse et non contrôlée. L’entourage du président, ceux qui profiteraient encore d’un 5e mandat, forment un cercle d’intouchables qui dans l’opinion publique sont les vrais bénéficiaires du maintien du président. En mars 2016, Chakib Khelil, sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par la justice algérienne qui le soupçonnait d’avoir perçu des pots-de-vin, rentre en Algérie comme si de rien n’était. Abdelmoumène Ould Kaddour, condamné pour de graves chefs d’accusation dans l’affaire BRC, a repris des fonctions à la tête de Sonatrach en mars 2017. Innocent ou coupable ? Il n’y a pas eu de procès, c’est une décision politique qui les a blanchis.

Au niveau économique, le compte n’y est pas non plus. Toutes ses petites magouilles et ses recherches d’intérêts à court terme n’ont pas permis de concevoir concrètement l’avenir du pays. Il faut envisager la vie sans la manne pétrolière et se servir d’elle pour diversifier l’économie. Comme d’autres pays le font, il faut devenir de moins en moins dépendant du cours du pétrole qui ne cesse globalement de baisser.

Le pire, c’est la révélation en septembre 2017, par le Premier ministre Ahmed Ouyahia, de retour aux affaires, que les caisses de l’État étaient vides et qu’il n’y avait pas de quoi payer les salaires à venir des fonctionnaires. Un comble, qui a mis en exergue le pillage organisé par une partie de l’entourage du président, depuis de longues années.

Le profit de quelques-uns à la place de l’investissement pour tous, la cupidité du présent à la place de l’investissement pour l’avenir. Comme souvent, les trop longs règnent emportent avec eux, le plus terrible pour une population, l’espoir d’un avenir meilleur pour ses enfants.

Crédit photo : Algérie1

 

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