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Libye: La situation est toujours tendue à Misrata

le 4 mai 2011 à 14:18 

La situation demeure tendue à Misrata, ville de l’Est libyen, notamment après que l’Otan et les rebelles eurent empêché les forces loyales au régime d’accéder à cette ville tenue par les insurgés qui refusent de se rendre, ignorant de ce fait l’offre d’amnistie proposée par le régime.

Dans cette troisième ville du pays assiégée depuis plus de deux mois par l’armée gouvernementale, les rebelles libyens et les forces de la coalition ont détruit des chars des forces pro-régime qui tentaient de pénétrer à Misrata, alors que des bateaux humanitaires attendent toujours de pouvoir accoster au port de la ville, selon des médias.

Les forces fidèles au dirigent libyen, le colonel Maammar El-Gueddafi s’efforcent depuis des semaines de reprendre pacifiquement le contrôle de Misrata des mains des rebelles en appelant vendredi ces derniers à déposer les armes en échange d’une amnistie. Une offre dont la validité a expiré ce mardi.

Engagés dans de violents combats avec les forces loyales, les rebelles qui exigent depuis plusieurs mois le départ du colonel el-Gueddafi et rejettent les appels de Tripoli à un cessez-le-feu, ont ignoré l’offre de Tripoli. Ainsi, la situation risque de s’aggraver davantage à Misrata notamment sur le plan humanitaire. Dans ce contexte, les agences humanitaires ont appelé mardi à faciliter l’évacuation par mer et par voie terrestre de milliers de blessés et de migrants bloqués dans cette ville, située à 200 km à l’est de Tripoli.

“Nous appelons tous les partis du conflit à autoriser le (bateau affrété par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) Red Star à accoster (au port de Misrata) afin de venir au secours de 1.000 migrants”, a indiqué le porte-parole de l’OIM, Jumbe Omari Jumbe, lors d’une conférence de presse.

L’appel de l’OIM s’adresse en particulier à l’Otan, qui a jusqu’à présent empêché les bateaux d’accoster invoquant la présence de mines antinavires, a précisé le porte-parole. Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), plusieurs centaines de patients ont besoin d’être évacués pour recevoir d’urgence des soins médicaux tandis que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a, pour sa part, annoncé qu’il tenterait de joindre Misrata par route “plus tard dans la semaine”.

Face à la persistance du conflit en Libye, plusieurs pays inquiets de la situation dans ce pays, continuent d’appeler à un cessez-le-feu pour une sortie de crise pacifique. La Chine s’est dit “préoccupée par les tensions croissantes en Libye” par la voix de Jiang Yu, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, réaffirmant son opposition “à toute action qui outrepasserait l’autorisation du Conseil de Sécurité de l’ONU” en référence aux frappes de l’Otan qui ont visé samedi soir, selon tripoli, le dirigeant libyen, et tué notamment un des six fils à Tripoli.

Rappelant que l’ensemble de la communauté internationale est pour une solution politique au conflit en Libye, Pékin a appelé toutes les partis concernés à “cessez le feu immédiatement” et à résoudre la crise actuelle “à travers le dialogue et par d’autres moyens pacifiques”, selon la porte-parole.

Pretoria s’est également dit mardi “préoccupé” face à l’évolution de la situation qui prévaut actuellement en Libye et a appelé les parties en conflit à la “retenue et à préserver la vie et les biens des personnes”, dans un communiqué du ministère sud-africain des Affaires extérieures et de la Coopération. Pour l’Afrique du Sud, les Libyens sont les “seuls habilités à décider de leurs propres dirigeants dans le cadre de négociations engagées d’une manière pacifique et démocratique”, selon le texte.

Par ailleurs, la crise libyenne sera au centre d’une réunion, jeudi à Rome, du Groupe de contact sur la Libye qui visera à “favoriser le début d’un processus politique qui permettra au peuple libyen de choisir librement son avenir”, selon les explications du ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.

Cette rencontre, la deuxième du genre depuis celle tenue à Doha (Qatar), a pour but également de trouver “une solution cohérente pour fournir une aide humanitaire et un soutien à long terme au peuple libyen”, selon la même source. Le Groupe, mis en place à Londres fin mars, comprend des pays occidentaux comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou la France, des pays arabes notamment le Qatar, et des organisations internationales dont l’ONU, la Ligue arabe et l’Otan. Celle-ci commande l’opération militaire étrangère lancée le 19 mars en Libye en application de la résolution du Conseil de sécurité onusien du 17 mars instaurant la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne en Libye et demandant de prendre “toutes les mesures nécessaires” pour “protéger les civils” dans ce pays.

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