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France : une réglementation contre les “thérapies de réorientation sexuelle”

le 4 septembre 2019 à 6:12 

Mieux vaut prévenir que guérir, cet axiome sert de base à la réflexion que mènent deux députés, qui planchent sur un texte visant à interdire les pratiques prétendant “guérir” l’homosexualité. Ce phénomène est encore rare, discret et donc difficilement quantifiable en France. Cependant, il n’est plus complètement marginal et se maintient, à travers des “stages” religieux, qu’il convient au moins de surveiller.

Pour certains, il faut employer les grands moyens, face à des méthodes sans concessions utilisées parfois dans ce style de stage à travers le monde. De nombreuses personnes veulent d’ores et déjà interdire en France ce que l’on appelle les “thérapies de réorientation sexuelle”. Derrière cela se cache une volonté de changer l’orientation sexuelle de jeunes gays, lesbiennes, bisexuels et transsexuels pour les remettre dans le “droit chemin”, c’est-à-dire vers l’hétérosexualité.

Ces pratiques connaissent un certain succès aux États-Unis. Outre-Atlantique, on n’hésite pas à recourir à des moyens médicaux assez expéditifs du type électrochocs, injections d’hormones et bien d’autres, tout aussi effrayants. On ose imaginer les conséquences physiques et psychologiques de ce type de conversion sur les victimes, ainsi que la vie future qui les attend.

Dieu merci, si l’on peut dire, ce n’est pas encore le cas en France. Cependant, la montée en puissance du mouvement évangélique a fait apparaître ses “thérapies”. Elles reposent essentiellement sur des “stages” ou “séminaires” de plusieurs jours, mêlant des groupes de paroles, lectures, prières. Elles visent surtout à isoler totalement l’individu, pour le déstabiliser et le rendre malléable.

Derrière ses conversions, il y a une vision religieuse et une interprétation très conservatrice et anachronique des textes religieux. Pour l’instant, 2 associations chrétiennes se trouvent notamment dans le viseur des députés. Il s’agit de “Courage” et “Torrents de vie”. Cette dernière explique sur son site, que “les confusions et les cassures de notre identité relationnelle et sexuelle nous conduisent dans le péché et nous rendent incapables d’aimer”.

De leur côté, ces mouvements en appel à la liberté de chacun et précisent, “ces séjours sont proposés aux croyants adultes et volontaires afin d’entamer une réflexion sur leur identité sexuelle. Il n’y a aucune démarche de manipulation”. En cela, elles sont soutenues par le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), qui précise “on ne peut pas empêcher quelqu’un de réfléchir sur son identité, s’il souhaite le faire”.

Chacun pourra “défendre sa chapelle”, car la mission portant “sur les pratiques prétendant modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne” va commencer un travail d’auditions à l’Assemblée. Au programme, l’écoute des arguments des associations LGBT, et le CNEF, sans oublier le témoignage des victimes de ces pratiques controversées.

Il est à noter, que le Parlement européen a voté en 2018, un texte appelant chaque État membre à interdire ces pratiques controversées. Le texte envisagé par les deux élus, punirait toute pratique qui altère la santé physique ou mentale d’une personne de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Il viendrait compléter un arsenal juridique qui, selon Jimmy Charruau, docteur en droit public, est déjà “riche d’incriminations susceptibles de condamner ces traitements”. Cependant, un passage spécialement dédié permettrait d’affirmer clairement la position de l’Etat face à ses pratiques dangereuses et moralement douteuses. Elles peuvent aussi dans certains cas utilisées le désarroi de personnes ou de familles juste a des fins mercantiles à travers des stages payants.

 

 

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