Top

Cour suprême de Pologne, un fauteuil pour deux

le 5 juillet 2018 à 18:16 

La bataille entre les instances judiciaires et l’exécutif de l’Etat polonais, fait rage. Fort d’un large soutient populaire et acclamée par une foule de partisans, la présidente de la Cour suprême polonaise Malgorzata Gersdorf, s’est rendue mercredi à son bureau. Par ce geste, elle s’oppose frontalement au chef de l’État, Andrzej Duda, qui tente désespérément de la mettre à la retraite forcée.

Du coup, la situation de la Cour suprême est particulièrement confuse. En effet, rappelons que le chef de l’État, Andrzej Duda, a signifié mardi 3 juillet à Malgorzata Gersdorf ayant atteint l’âge de 65 ans, qu’elle devait partir à la retraite, et qu’il avait confié son intérim à un autre juge de la Cour, Jozef Iwulski. Il faut préciser que l’abaissement de l’âge de la retraite pour les juges de la Cour suprême de 70 à 65 ans, a été inscrit dans la réforme menée par les conservateurs du Parti majoritaire Droit et Justice (PiS). De nombreux observateurs y voient un moyen de remplacer quelques éléments peu dociles pour en nommer d’autres plus favorables au gouvernement en place.

Le conflit entre la majorité des juges de la Cour suprême et le pouvoir politique entre dans un cadre que la Commission européenne juge préoccupant pour le principe de séparation des pouvoirs, au profit du pouvoir politique, qui de son coté évoque une réforme visant une plus grande efficacité de la justice. Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, a plaidé sa cause en rappelant devant le Parlement européen, que son pays avait “le droit” de “construire son système judiciaire selon ses propres traditions“. Il s’appuie au passage sur la devise de l’Union européenne “l’unité dans la diversité”.

A Varsovie, Malgorzata Gersdorf et quelque 3 000 et 4 000 sympathisants, selon les journalistes de l’AFP, se sont rassemblés devant le siège de la Cour suprême. Elle a tenu à préciser à l’occasion, “je ne m’engage pas en politique. Je le fais pour défendre l’État de droit et marquer la limite entre la Constitution et la violation de la Constitution“. De manière très déterminée, elle a rajouté qu’elle désignait elle-même le juge, comme son remplaçant “pendant son absence”, réaffirmant ainsi son intention de garder ses fonctions.

En attendant, le quotidien indépendant Dziennik Gazeta Prawna a constaté “une Cour suprême avec deux présidents”. Il paraît qu’abondance de biens ne nuit pas, cela ne va tout de même pas rester longtemps comme cela.

Crédit photo : Marie-Hélène-Cingal

 

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom