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Le difficile voyage du pape en Bulgarie

le 6 mai 2019 à 17:53 

Bien sûr, c’est le Premier ministre Boïko Borissov, qui a accueilli le pape François à son arrivée à l’aéroport de Sofia. Le gouvernement bulgare se réjouit de la visite pontificale dans le pays. Cependant, même si le pape est arrivé en Bulgarie, avec un plaidoyer pour l’unité des chrétiens, cette visite se heurte à une franche hostilité de la part des chefs de l’Eglise orthodoxe.

Du côté du gouvernement et de son Premier ministre conservateur, au pouvoir de façon quasi-ininterrompue depuis dix ans, la présence du pape en Bulgarie est une aubaine. Elle va détourner un peu l’attention de tout le monde. En effet, le pays est secoué depuis plusieurs semaines par une série de scandales immobiliers. Au milieu de ce scandale, on retrouve des responsables de la majorité, ce qui fait du tort à l’image d’un gouvernement largement critiqué pour sa négligence coupable face à la corruption.

Par contre, cette visite du pape n’est vraiment pas du goût des autorités religieuses locales. En effet, l’église bulgare reste la seule Eglise orthodoxe qui ne participe pas à une commission de dialogue théologique officielle avec les catholiques-romains. Repliée sur elle-même, l’Eglise orthodoxe bulgare, s’est durcie après une scission surmontée en 2001. Pour certains, les catholiques sont encore les dangereux prosélytes des siècles passés.

Du coup, ce sera “service minimum”, le Pape sera reçu au siège du Patriarcat de l’Eglise orthodoxe bulgare. L’accueil devrait y être cordial, mais limité aux strictes formalités. La direction de l’Eglise orthodoxe, a rejeté à l’unanimité toute forme de service religieux ou de prière aux côtés du chef des 1,3 milliard de catholiques.

C’est donc seul, que le pape se retrouvera à la mi-journée à la cathédrale orthodoxe Alexandre Nevski. La rencontre inter-religieuse “pour la paix” sera également désertée par les orthodoxes qui n’y enverront qu’un chœur d’enfants. En revanche, l’imam de Sofia sera présent, indique une source du Vatican.

Ce repli de l’Eglise orthodoxe Bulgare, n’est pas simplement théologique, elle est plutôt proche de Moscou et déjà en 2016, la première rencontre en 1 000 ans entre chefs des deux plus grandes confessions chrétiennes avait été vivement critiquée en Russie par un courant religieux nationaliste et conservateur. Ce sont, ces courants qui sont très influents chez les orthodoxes Bulgares décidés à freiner l’ouverture plus grande de leur patriarche Néophyte.

Le Pape n’entend pas rester une simple caution pour le gouvernement bulgare, car il s’en est déjà pris au “nationalisme conflictuel qui construit des murs, voire du racisme”. Dans sa ligne de mire, le parti conservateur de Boïko Borisov gouverne depuis 2017 avec des formations nationalistes, dont les représentants recourent aux discours de haine. Son programme prévoit d’ailleurs un arrêt lundi dans un centre d’accueil dans la banlieue de Sofia pour y saluer des réfugiés.

Au milieu de tout cela, le pape n’oublie pas sa vocation première, c’est-à-dire soutenir la petite communauté catholique du pays.

Crédit photo : pape_François

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