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Des études absurdes publiées dans de prestigieuses revues scientifiques

le 6 octobre 2018 à 6:58 

CQFD, en un an les trois auteurs, ont écrit 20 articles sur des thématiques touchant à différents domaines des sciences humaines. Jusqu’ici rien d’original, sauf que ces 20 articles, basés sur de fausses données, débouchent sur des conclusions totalement étranges et volontairement fausses. Or, 7 ont été acceptés après une relecture par des pairs, et 4 ont même été publiés. Les secrets de la supercherie, résident d’une part sur le fait de se baser sur des travaux existants, et surtout parler de sujets dans l’air du temps, en utilisant des “mots à la mode”.

Ces articles scientifiques, ont été écrits par Helen Pluckrose (journaliste), James Lindsay (chercheur en mathématiques) et Peter Boghossian (assistant professeur de philosophie). Ils démontrent par exemple, que des sextoys dans l’anus permettraient de diminuer la transphobie et augmenter les valeurs féministes. Un autre article, démontre que les parcs pour chiens deviennent des espaces tolérant le viol, dans lesquels la culture du viol représente la permissivité morale que nous étendons aux animaux.

Ces deux affirmations sortent d’études publiées dans des revues scientifiques sérieuses, où chaque article est relu et évalué par des pairs. Le but, est de montrer que l’on peut publier n’importe quoi dans certains domaines tant que l’on est “suffisamment à la mode politiquement”. Selon eux, il est difficile dans le milieu universitaire d’avoir une conversation “ouverte et de bonne foi sur des sujets comme le genre, la race, la sexualité“, car la recherche est “moins basée sur la recherche de la vérité que sur la satisfaction de griefs sociaux“.

La démarche et la démonstration ne sont pas nouvelles, et en 1996 un physicien Alan Sokal, a publié un article dans la revue académique Social Text, consacrée aux phénomènes sociaux et culturels, intitulé “transgresser les frontières, vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique”. C’était aussi un canular, qui a eu un certain écho, cependant son article n’avait pas été publié dans une revue possédant un comité de lecture, ce qui permettait d’expliquer un peu pourquoi il était passé dans les mailles du filet.

Il est clair, que la publication de fausses études scientifiques est éthiquement très limite. Cependant, comme Brian Earp, philosophe des sciences, rappelle, la psychologie ou la médecine, ont également de gros problèmes de vérification des informations, et publient des “non-sens qui ne sont que du bruit“.

Le monde de la recherche n’échappe pas aux pressions politiques, aux idées préconçues, à l’air du temps et aux besoins de reconnaissance de certains individus. Tout cela, est multiplié par les nombreuses possibilités de diffusion qu’offre par exemple internet. Brian Earp concède, que travaillant parfois dans les domaines critiqués par les trois auteurs du canular, “il y a beaucoup de travaux très politiques, pas très bien argumentés, peu supportés empiriquement même dans des journaux prestigieux“.

Il ne faut pas cependant jeter le bébé avec l’eau du bain. Le journaliste et politologue Yascha Mounk rappelle, que les 7 journaux traitant de sociologie, qui ont été testés par les auteurs du canular, n’ont pas accepté un seul manuscrit. Ainsi, a contrario, de nombreux chercheurs dans différents domaines, n’ayant pas convaincu leurs pairs, s’évertuent à faire vivre leurs travaux parfois très contestables et nauséabonds sur internet et dans des conférences pour en vivre.

Crédit photo : Peggy

 

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