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Egypte: La place Tahrir s’enflamme de nouveau

le 9 avril 2011 à 17:58 

Des manifestants ont mis le feu à un bus militaire et à un camion civil sur la place Tahrir au Caire, où quelque 200 personnes étaient encore réunies ce samedi matin pour réclamer le départ du chef de l’armée, le maréchal Hussein Tantaoui.

La police militaire a déployé des barbelés aux abords du rassemblement, alors le sol était couvert de pierres, témoignant de violents affrontements. Certains manifestants étaient armés de gourdins, et des traces de sang étaient visibles par endroits.
Ces affrontements témoignent d’une récente montée des tensions et des controverses autour du rôle de l’armée, en charge du pays depuis le départ de M. Moubarak, il y a deux mois, après une période de large consensus. Des manifestants ont affirmé vouloir rester sur la place tant que le maréchal Tantaoui, qui dirige le Conseil suprême des forces armées (CSFA), serait en place.

Le CSFA est dépositaire du pouvoir depuis la chute de M. Moubarak le 11 février. Le maréchal Tantaoui, 75 ans, a été pendant 20 ans ministre de la Défense du président déchu. «Je suis venu place Tahrir parce que nous assistons à une contre-révolution», a affirmé un étudiant venu manifester. «J’attendais de voir l’autre visage de l’armée.» «Si elle continue comme cela, elle va voir l’autre visage du peuple», a déclaré un autre étudiant.

Selon des témoins, la police militaire égyptienne a tiré en l’air à l’arme automatique, ce samedi à l’aube, pour disperser ces manifestants qui se trouvaient encore sur l’emblématique place Tahrir au Caire au lendemain d’un rassemblement de dizaines de milliers de personnes réclamant le jugement de M. Moubarak et d’autres responsables de son régime. Le puissant mouvement des Frères musulmans avait appelé à se joindre à cette manifestation, en plus des organisateurs habituels issus d’organisations de jeunes militants pro-démocratie. Hier, bravant des consignes de leurs supérieurs de ne pas manifester en uniforme, sept lieutenants avaient également pris la parole sur une tribune pour réclamer «le jugement des corrompus» et une épuration de l’armée. Ils ont été applaudis par des milliers de personnes qui ont scandé : «Tantaoui, tu fais partie de la bande.» et «dictateur, dictateur, le tour de Tantaoui est venu.»

A minuit, les officiers dissidents étaient toujours sur la place, réunis dans une tente protégée par des manifestants qui déclaraient vouloir empêcher qu’ils soient arrêtés. Un couvre-feu est toujours en vigueur au Caire entre 2H00 et 5H00 la nuit. Les jours précédents, plusieurs vidéos étaient apparues sur le site internet Youtube, dans lesquelles des personnes se présentant comme d’anciens officiers accusaient le Conseil suprême des forces armées, à qui M. Moubarak a remis le pouvoir en démissionnant, de trahir les idéaux de la révolte populaire.

L’armée reste très populaire en Egypte en raison de la retenue dont elle a fait preuve face à la foule au cours des évènements qui ont provoqué la chute de M. Moubarak. Mais son image a été ternie ces dernières semaines par des accusations de violence et de torture, et par les incertitudes qui persistent sur les modalités de retour à un pouvoir civil. L’armée a dissous le Parlement, gouverne par décrets et a ramené le gouvernement à la gestion des affaires courantes. Elle s’est toutefois engagée à rendre le pouvoir aux civils vers la fin de l’année après des élections législatives et présidentielles.

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