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L’Autriche, le “cendrier de l’Europe” ou le “dernier paradis des fumeurs”

le 11 octobre 2018 à 17:48 

L’Autriche reste jusqu’ici, un bastion pour les fumeurs. En effet, il est toujours possible de fumer dans les bars et les restaurants. Cependant, la pression monte sur le gouvernement pour qu’il organise un référendum pour l’interdiction du tabac dans la restauration. Lancée notamment par l’Ordre des médecins, une pétition officielle en ce sens, a recueilli 881 569 signatures représentant près de 14 % du corps électoral et plus de 10 % de la population totale.

L’expression retenue, est que l’Autriche ne veut plus être le “cendrier de l’Europe”, l’image est moins glamour que le “dernier paradis des fumeurs” du continent, surtout que le pays n’a pas un parcours linéaire en la matière. En 2015, sociaux-démocrates et conservateurs avaient adopté une législation prévoyant une interdiction totale du tabac dans la restauration, avec entrée en vigueur prévue en mai dernier, mais cette loi a été abrogée.

C’est la montée en puissance du Parti d’extrême droite FPÖ, qui a changé la donne. Son chef Heinz-Christian Strache, lui-même grand fumeur, en avait fait une condition indiscutable pour participer à une coalition avec les conservateurs du chancelier Sebastian Kurz. La volonté du chef étant importante, voire indiscutable dans les Partis extrémistes, la consommation de tabac reste donc possible en Autriche dans les établissements dotés d’espaces fumeurs séparés, et dans ceux d’une superficie inférieure à 50 m² si leur exploitant le souhaite.

Cela bien sûr n’a pas vraiment plu à tous ceux, qui avaient obtenu la mise en place d’une loi. En premier lieu, l’Ordre des médecins, qui rappelle que quelque 13 000 personnes meurent de maladies liées au tabac chaque année en Autriche.

La volonté de faire une pétition pour l’interdiction de fumer dans la restauration, et surtout son succès ne sont pas anodins. En effet, le Parti d’extrême droite FPÖ, a mis le développement de la démocratie directe et donc le recours au référendum, comme l’une de ses principales promesses électorales. Or, malgré le succès de la pétition, le FPÖ a réitéré mardi son refus d’organiser un référendum sur la question du tabac. Cela, a permis à Pamela Rendi-Wagner, la nouvelle cheffe de file des sociaux-démocrates de faire remarquer, “si l’appel à davantage de démocratie directe est autre chose qu’une plaisanterie de campagne électorale, le gouvernement doit autoriser un référendum“.

Apparemment, le FPÖ a bien intégré certaines pratiques politiques classiques, qu’ils dénoncent en utilisant une superbe pirouette pour s’en sortir. L’un de ses ténors, Walter Rosenkranz, a estimé que l’ampleur de la mobilisation “démontrait l’envie de davantage de démocratie directe de la population” en occultant volontairement le sujet de base.

Plusieurs personnalités importantes conservatrices, dont les maires de Graz et Salzbourg, ont également appelé à l’organisation d’un référendum, jugeant celui-ci incontournable vu le nombre de signataires. Le chancelier Sebastian Kurz, lui-même non-fumeur, a choisi de ne pas s’exprimer sur la question, il est tenu par le pacte de coalition conclu avec le FPÖ fin 2017. Il a justifié cette disposition, par le maintien d’une “liberté de choix”.

Sur le terrain, il semblerait tout de même, que les choses bougent, car un nombre croissant de patrons de bars et de restaurants, ont cessé d’eux-mêmes d’autoriser la consommation de tabac. De plus, “pas un seul établissement créé cette année ne s’est doté d’un espace fumeurs“, selon la Chambre d’économie, représentant les entreprises.

Crédit photo : Barmen

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