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Faune : une dernière synthèse évoque clairement l’extinction des insectes

le 13 février 2019 à 6:07 

Quand on évoque la disparition d’espèces animales, on a tout de suite en tête les éléphants, les baleines, les ours polaires et hélas bien d’autres. Ils ont en commun, que ce sont, des gros animaux et ils frappent les esprits. Cependant, ils ne représentent que le bout de la chaîne. On oublie souvent, que le problème commence déjà à l’autre bout de cette même chaîne, avec les insectes. Près d’un tiers des espèces d’insectes sont menacées d’extinction, pour les auteurs d’une nouvelle synthèse.

Cette synthèse s’appuie sur 73 études et en arrive à une conclusion simple, “à moins que nous ne changions nos façons de produire nos aliments, les insectes auront pris le chemin de l’extinction en quelques décennies“. Lorsque l’on sait, que les insectes sont la base de toute la chaîne alimentaire animale, les conséquences sont faciles à imaginer.

Francisco Sanchez-Bayo et Kris Wyckhuys, des universités de Sydney et du Queensland, expliquent qu’environ un tiers des espèces sont menacées d’extinction et chaque année environ 1 % supplémentaire s’ajoute à la liste.

Aucune espèce d’insectes ne semble échapper aux carnages, et nous pouvons multiplier les exemples. Cependant, parmi les plus touchés, on trouve les lépidoptères, autrement dit les papillons, les hyménoptères qui regroupent les abeilles, guêpes, fourmis, frelons, ainsi que les coléoptères comme les scarabées, et les coccinelles. A cela, dans le monde, vous pouvez rajouter qu’une espèce d’abeilles sur six, a disparu au niveau régional. Les insectes aquatiques, ne sont pas épargnés, qu’il s’agisse des libellules ou des éphémères.

Nous pouvons déjà observer, un effet direct de la raréfaction des insectes avec la disparition graduelle des oiseaux des campagnes, révélé en France en 2018. Bien sûr, cela n’est pas nouveau, car chaque année, et chaque étude nous renvoient inlassablement des signes de l’urgence de la situation. Selon une étude parue fin 2017, et basée sur des captures réalisées en Allemagne, l’Europe aurait perdu près de 80 % de ses insectes en moins de 30 ans, et de ce fait, plus de 400 millions d’oiseaux. Au-delà des oiseaux, hérissons, lézards, amphibiens, poisson, tous dépendent de cette nourriture.

Le recul des insectes, qui forment les deux tiers des espèces terrestres, n’est pas vraiment nouveau et il remonte au début du XXe siècle. Cependant, ce recul suit une progression exponentielle depuis les années 1950-60 pour atteindre un niveau dramatique ces 20 dernières années.

À l’origine de cette disparition des insectes, plusieurs facteurs, tout d’abord la perte de leur habitat qui subit l’urbanisation, la déforestation, les aménagements agricoles, et le recours aux pesticides et engrais de synthèse. Aucun pays n’est épargné par le mouvement, car il faut rajouter les effets des virus et des parasites, et le changement climatique général.

Les solutions sont évidentes en théorie, cela passe de la restauration de l’habitat, d’autres pratiques agricoles, avec une large limitation de l’usage de pesticides. Les auteurs du rapport, appellent aussi à assainir les eaux polluées, en ville comme en milieu rural.

Des mesures simples, évidentes, connues de tous, mais toujours aussi compliquées à mettre concrètement en place.

Crédit photo : christine wehrmeier

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