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Une ONG, opposée à Poutine, perquisitionnée dans toute la Russie

le 16 octobre 2019 à 5:43 

Décidément, il ne fait pas bon en Russie, se retrouver au travers du chemin du Président Poutine. Énième tracas infligé à son opposant principal, Alexei Navalny, son organisation anti-corruption a été visée par de nombreuses perquisitions. Cela constitue un nouveau coup de boutoir et fait monter la pression sur ce mouvement. Officiellement, le Comité d’enquête agit dans le cadre d’une affaire de “blanchiment d’argent”.

C’est ainsi, que dans 30 régions du pays, les opérations ont visé aussi bien des domiciles d’employés que des bureaux de l’organisation. Dans le même temps, des comptes bancaires du Fonds de lutte contre la corruption, ont été gelés. Ce n’est pas une première, car déjà en septembre plus de 200 perquisitions en parallèle dans au moins 41 villes, avaient visé le fonds.

Les autorités veulent réduire l’influence d’Alexeï Navalny, un avocat de 43 ans, qui a choisi la corruption comme angle d’attaque principal du pouvoir en place. Il utilise les réseaux sociaux, pour faire connaître ses publications. Le Fonds de lutte contre la corruption, est à l’origine d’enquêtes dénonçant les malversations et le train de vie des élites russes. Ces vidéos ont un réel succès, comme en témoigne celle accusant le Premier ministre Dmitri Medvedev d’être à la tête d’un empire immobilier, qui totalise 32 millions de vues sur YouTube.

Alors que l’on pouvait imaginer le mouvement affaibli par les perquisitions et les tracas de tous bords, ses opposants se sont retrouvés en première ligne de la mobilisation importante à l’approche des élections municipales de Moscou. Il s’agissait du plus important mouvement de protestation depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012. Du reste, l’élection du Parlement de Moscou le 8 septembre s’est finalement soldée par un revers, pour les candidats du pouvoir, qui ont perdu près d’un tiers de leurs sièges.

Du coup, il faut accentuer la répression, et le FBK a été qualifié “d’agent de l’étranger”. Cette qualification, introduite par une loi en 2012, sert à désigner une organisation bénéficiant du financement d’un autre pays et exerçant une “activité politique”. Les nombreux groupes critiques du pouvoir, sont donc devenus “agents de l’étranger”. Cela permet de les soumettre à d’importantes contraintes administratives et financières. Ils font aussi l’objet d’une surveillance accrue. Ce terme rappelle une expression utilisée à l’époque stalinienne, pour donner une justification officielle aux purges, il a été employé en Union soviétique pour qualifier les dissidents. Cela doit certainement rappeler des souvenirs à Poutine qui fut, ne l’oublions pas, officier du KGB le service de renseignements de l’URSS.

Après plusieurs lourdes condamnations de manifestants pour “violences” contre la police ces dernières semaines, quatre nouveaux accusés ont été arrêtés, puis un cinquième. Rappelons, qu’Alexeï Navalny a passé 30 jours en prison pour l’organisation de ces manifestations, alors que tous ses candidats avaient été exclus du scrutin. Lui-même, n’avait pas pu se présenter à la présidentielle de 2018.

Crédit photo : moscou russie

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