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Le créateur de la pyramide du Louvre est mort à 102 ans

le 18 mai 2019 à 12:20 

L’architecte Leoh Ming Pei, mort vient de mourir à l’âge de 102 ans. Un âge avancé, dans la lignée de la réalisation qui l’a rendu célèbre en France, la pyramide du Louvre. Si celle-ci est devenue un emblème du musée au niveau international, elle suscite toujours de vives polémiques et des contestations surtout au niveau national.

Il faut avouer, que le monument a deux personnalités très clivantes à son origine. Tout d’abord, François Mitterrand en tant que président, a imposé sa réalisation et son architecte. S’il est devenu président depuis quelques années, il reste aux yeux de ses détracteurs, le mal absolu. Sa volonté d’imposer des nouveautés dans de nombreux domaines inquiète une partie de la société. D’ailleurs, cette idée de confier à Pei, en juillet 1983, l’un des grands chantiers particulièrement symbolique pour les Français en est la preuve.

Pourtant, il fallait faire quelque chose, car la concurrence entre les musées devient terrible et le Louvre ne peut pas se contenter de vivre sur ses acquis. Le patron du musée explique, “des changements étaient nécessaires pour rendre la pyramide à son public“. En effet, Le Grand Louvre avait été conçu pour une fréquentation de 2 millions de personnes. Elles sont plus de 8 millions aujourd’hui. De son côté, Pei constate, “c’est un étrange musée dont l’entrée est invisible parce que latérale. Il lui faut une entrée centrale“. Il imagine donc un complexe souterrain central, mais pas encore de pyramide, seulement un accès par une rampe.

Evidemment, Pei n’est pas totalement un inconnu, il est né à Canton, il a été formé à l’école rationaliste, d’abord au MIT (Massachusetts Institute of Technology), puis à Harvard où il fut l’élève de Walter Gropius, fondateur du Bauhaus. Il a été lauréat 1983 du prix Pritzker, le “Nobel de l’architecture”.

Cependant, il est peu connu en Europe, car il n’y a encore rien fait, et c’est la première fois qu’il intervient dans un monument autant chargé d’histoire. Pourtant, c’est à lui que le Président Français confie la tâche. François Mitterrand, avait été séduit par la nouvelle aile de la National Gallery de Washington, construite par Pei en 1978.

Un choix qui fait figure de “volonté du prince”, un architecte chinois formé aux Etats-Unis, un projet avant-gardiste dans la cour d’un monument central de l’histoire de France, tout est là pour une bonne grosse polémique. Un affrontement sans fin, qui va permettre à tout le monde de se défouler.

Dès la présentation de la maquette, les critiques se déchaînent, menées par les quotidiens Le Figaro et Le Monde. Le passage de Pei devant la Commission supérieure des monuments historiques en janvier 1984, en devient limite et passera presque pour racisme anti-chinois. “On n’est pas à Dallas ici”, lui lance un des participants. Pei en gardera un souvenir marquant et il dira lui-même, “ce fut une séance terrible”, car il n’a au bout du compte, pas pu présenter son projet.

Malgré cela, le président continu à utiliser sa toute-puissance monarchique en la matière et Jack Lang le ministre français de la Culture maintient le projet. Il est évident, que la transparence du monument fabriqué en verre par la firme Saint-Gobain surprend et change la donne générale. Le hall sous la pyramide devient une interface entre l’extérieur et les œuvres, l’entrée du musée est à son image, incontournable.

Le président du Louvre, Jean-Luc Martinez, qui a récemment fait réaménager le lieu avec l’accord de l’architecte, constate, “elle est à la fois le “symbole de la modernité du musée” et “un emblème de Paris à travers le monde”.

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