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Russie : Poutine intensifie la lutte contre les fausses nouvelles et les offenses à l’Etat

le 19 mars 2019 à 5:00 

En matière de lutte contre les “fausses nouvelles”, la réponse des différents Etats se base souvent sur plus de contrôle et plus de surveillance. Les risques mis en évidence par les défenseurs des droits de l’Homme sont le recours à une forme de censure et une menace sur la liberté d’expression. En général, les gouvernements sont d’ailleurs très sensibles sur ce sujet, quand il s’agit d’un autre pays. Le président russe Vladimir Poutine, n’échappe pas à cette catégorie, il vient de promulguer deux lois controversées. L’une permettant aux autorités de bloquer ou d’infliger des amendes aux médias sur internet diffusant des “fausses nouvelles”, et l’autre punissant les “offenses aux symboles de l’Etat”.
La première loi punit les “fausses informations socialement significatives et diffusées comme de vraies informations”. Il s’agit d’éviter la propagation de nouvelles, qui pourraient constituer une “menace pour la sécurité” du public ou de l’Etat, ou peuvent “mener à des troubles massifs”. Ce sera le procureur, qui déterminera ce qui constitue une “fausse information”. Ensuite, c’est le service fédéral de supervision des communications de masse, des télécommunications et de la protection du patrimoine culturel, appelé Roskomnadzor, qui entre en jeu. Ce gendarme russe des médias, a le pouvoir d’exiger sa suppression sous peine de blocage. La loi prévoit aussi une amende pouvant s’élever à l’équivalent de 20 500 euros.
Un peu plus difficile à cerner, la seconde loi punit les “offenses aux symboles de l’Etat”. Notion volontairement floue, qui permet selon le gouvernement de bloquer les contenus faisant preuve “d’irrespect” envers les autorités. Evidemment, dans “irrespect”, on peut y mettre tout et surtout ce que l’on veut. A ce titre, le Roskomnadzor nous rappelle un peu plus, des heures sombres de l’histoire soviétique russe, car en plus d’amendes, la loi prévoit jusqu’à 15 jours de prison pour les récidivistes.
Ceci, n’a évidemment pas échappé aux défenseurs des droits de l’Homme, et à certains opposants au Président Poutine. Alexandre Tcherkassov, responsable de l’organisation Memorial, déclare “à partir de maintenant, ce sera la police qui décidera de ce qui est une fausse nouvelle et ce qui ne l’est pas“,

Il faut dire, que ses décisions font suite à une lente mise au pas et un renforcement de la pression sur l’internet russe. De nombreux blocages, ont déjà été mis en place à l’encontre des services qui refusaient de coopérer, tels que la plateforme vidéo Dailymotion, le réseau social LinkedIn et la messagerie cryptée Telegram. Cela, a permis entre autres de limiter la diffusion des contenus et des sites internet liés à l’opposition. Il semblerait, que l’Etat russe ne veuille pas s’arrêter là. Un projet de loi prévoyant la création d’un “internet souverain” capable de fonctionner de manière indépendante est actuellement étudié. La crainte des opposants à ce projet, se résume à l’emploi du mot “indépendant” qui cacherait surtout celui de “contrôle” pour en arriver à un internet “à la chinoise”.

Crédit photo : Epoc

 

 

 

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