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Un nouveau record d’abstention pour des législatives, comme d’habitude

le 19 juin 2017 à 9:54 

Si ces législatives ont la particularité de donner les pleins pouvoirs à un Parti très récemment créé, elles ont aussi établi un triste record, celui du taux d’abstention le plus élevé pour des législatives. Avec 56,6 % d’abstention au second tour des législatives 2017, ce second tour s’avère encore plus décevant avec 6 points de plus que le précédent record établi au premier tour.
Cependant, si les chiffres atteignent des proportions de plus en plus inquiétantes. Il n’y a rien de bien neuf dans la logique de ces 15 dernières années. Un petit coup d’œil dans le rétroviseur nous fera prendre conscience de certaines constantes depuis 2002.
Tout d’abord, le fait qu’il est fréquent que la participation chute entre les deux tours des élections législatives. C’est systématique depuis 2002, et si l’on remonte encore plus loin, dans 8 cas sur 14, depuis 1958. Les législatives 1986, restant l’exception, car il n’y avait pas de second tour à cause (ou grâce, suivant ses convictions) du mode de scrutin à la proportionnelle. Par contre, cette fois le phénomène a pris des proportions inédites depuis 1958 (- 6,7 points).
Une autre constante depuis 2002, se retrouve tout simplement dans le taux d’abstention, qui ne cesse de grimper. Le record d’abstention est battu d’élections en élections. On ne peut donc pas simplement imputer ce fait à l’apparition du Parti d’Emmanuel Macron. Il appartient à l’ensemble de la classe politique de continuer à réfléchir. Cependant, dans cette réflexion, il faut peut-être que les Partis “populistes” se sentent un peu plus concernés au lieu de dénoncer et de constater. Il est tout de même illogique que des Partis dit “populaires” et qui prétendent représenter le “vrai peuple“ n’arrive pas à faire, plus déplacer les électeurs que les Partis qu’ils jugent représentant l’oligarchie. Cela devrait sérieusement les interroger.
Il faut aussi mettre en perspective dans cette baisse de la fréquentation des isoloirs, que ces résultats ne constituent pas un record, et il faut se rappeler, que d’autres scrutins ont eu des résultats encore plus bas comme les élections européennes et les référendums. On peut par exemple citer les Européennes de 2009, avec 59,4 % d’abstention, ou pire le résultat du référendum, souvent évoqués par des candidats, sur le quinquennat en 2002 (69,8 %).
On a la politique que l’on mérite, elle reste à l’image de la société. On ne peut pas restreindre l’intérêt aux élections, simplement aux Partis politiques, ils n’en sont que la conclusion. Il appartient à tous de dépasser le stade de simples constatations et d’analyses même les plus affinées. La tendance de la période est à la résignation lucide, qui semble l’emporter chez nos élites, nos dirigeants, et même nos éternels contestataires intellectuels ou pas. Tout ce petit monde est de plus en plus prompt à expliquer sur les plateaux de télévision, que tout est foutu, ou que le salut est dans un retour en arrière. Il s’agit avant tout de ne pas ternir son image en étant la victime d’un « punchline » en direct. A ce jeu-là, le cynisme et la critique sont moins dangereux que le positivisme et la proposition.
On est loin d’un Danton, qui dans son discours civique de septembre 1792 exhortait à avoir “de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace. Actuellement, il faut s’attendre que la traduction politique d’un désert de vision philosophique ne soit pas très engageante pour l’ensemble de nos concitoyens et laisse la part belle aux habiles pragmatiques et aux rusés populistes.

Crédit photo : JaHoVil

 

 

 

 

 

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