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Petite balade au cœur du “système” dénoncé par tous

le 19 décembre 2016 à 10:38 

A l’heure actuelle, tout bon candidat qui veut avoir un minimum de chance de faire un bon score à des élections, doit se revendiquer peu ou prou antisystème. De Mélenchon à Marine le Pen, en passant par Macron tout le monde se revendique contre « un système, qui avouons-le, devient de plus en plus comme le monstre de notre enfance, celui qui se cache sous notre lit. On sait qu’il est là, mais de là, à vous le définir précisément, c’est un peu compliqué.
D’après les descriptions, une constante tout de même, dans le “système”, il y a les médias. On assiste donc assez bizarrement à une valse d’hommes et de femmes politiques, qui se pressent au micro pour dire que ce micro appartient au système qui l’empêche souvent de parler. Il s’agit surtout de décrédibiliser les journalistes qui justement démontre le populisme de certains propos et de certaines mesures proposées. Au lieu de répondre aux questions, on préfère attaquer celui qui les pose. Bien sûr, cela ne doit occulter, que le secteur des médias, est largement aux mains de quelques industriels (Bolloré, Dassault, Lagardère, Arnault), et on peut s’inquiéter de cette concentration.
Le “système”, c’est aussi le fonctionnement de la vie politique autour des partis qui gère le pouvoir en alternance. Théorie surtout diffusée par les extrêmes qui non de cesse paradoxalement de vouloir prendre place dans le système qu’elles combattent. Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques à l’université Paris-Saclay, constate que la place du président influe sur cette vision. Le président de la République « ne peut en effet être élu sans le soutien d’un ou plusieurs partis alors qu’il doit aussi, dès la campagne présidentielle, montrer qu’il se détache de l’emprise partisane, jusqu’à ce qu’il se situe, une fois président de tous les Français, au-dessus des partis ».
Cependant, dans la série “nébuleuse”, il y a surtout le “système” qui inclut l’élite, les bien-pensants, les tenants de la pensée unique, ou les bobos, différents termes qui cachent justement une difficulté à définir concrètement une catégorie censée recueillir pêle-mêle et suivant les tendances, la classe politique, les journalistes, les bien-pensants antiracistes, l’Union européenne, les grands patrons, les grandes sociétés du CAC40, les artistes, les intellectuels et d’autres. Ces personnes sont le plus souvent parisiennes, et comme l’indique Gilles Ivaldi, sociologue et politologue à France info, “Le système est censé fonctionner avec des règles qui lui sont propres et imposer au peuple des choses dont il ne veut pas”.
On peut tout de même faire remarquer, que la majorité des personnes qui dénoncent le système, sont le plus souvent un pur produit. On pourrait ainsi noter que Marine le Pen a grandi dans un manoir de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), qu’elle est avocate de formation et députée européenne. Jean-Luc Mélenchon, a été membre du PS et sénateur pendant de très nombreuses années. Il a été ministre délégué à l’enseignement professionnel de 2000 à 2002, et député européen depuis 2008, sans parler évidemment d’Emmanuel Macron, Manuel Valls ou François Fillon.
On l’a bien compris, plus la dénonciation est vague, plus elle convient à tout le monde, car les politiques qui critiquent le “système” utilisent le même terme, mais ne visent pas les mêmes groupes, et que chacun vise ceux qu’il souhaite discréditer. Une chose est sûre, au bout du compte, c’est la cohésion sociale et la nation qui y perdent le plus. Il ne faudrait pas confondre “élites” et “privilégiés”.
Depuis quand l’élite ne fait plus partie du peuple, et que deviendrait un peuple qui n’aurait plus d’élite ?

Crédit photo :  Wiz Ziz

 

 

 

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