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Égypte : Premier ramadan post-révolution

le 20 août 2011 à 14:20 

Le pays des Pharaons est en train de vivre son premier ramadan de l’après-révolution. Si la façon de fêter ce mois n’a pas changé : beaucoup d’animation et une ambiance très particulière, les Egyptiens n’en vivent pas moins une nouvelle ère. Et cela se sent..

Le Caire a toujours cultivé les paradoxes. Entre Misr Al-Qadima (l’ancienne ville du Caire) et Misr Al-Gadida (la nouvelle ville), il existe un profond fossé. Si dans les quartiers de Misr Al-Gadida, on essaye de se montrer moderniste, le traditionnel s’impose et il a toujours pris le dessus sur le quotidien des Egyptiens. Et ce n’est certainement pas le mois de ramadan qui contredira cette tendance.

Dans les quartiers huppés du Caire, à l’image de Zamalek, Al-Mouhandissine, Al-Mâadi, c’est presque le calme total aussi bien le jour que pendant la nuit. En revanche, à Khan Al-Khalili, le célèbre souk traditionnel de la capitale égyptienne, à Essayida-Zineb et autres quartiers populaires, c’est l’animation colorée. Incontournable pendant le mois sacré, le quartier mythique d’Al-Khalili ne désemplit pratiquement pas de jour comme de nuit. Situé en plein cœur du Caire islamique, il est délimité au sud par Masguid Al-Azhar et Masguid Al-Hussein, au nord par la mosquée Al-Hakim.

Faire un détour par ce quartier vaut vraiment la peine. Il faut reconnaître que le matin, il n’est pas aisé de sillonner les artères de l’ancienne ville, surtout après le adhan du maghrib et ce, jusqu’au petit matin, où l’animation atteint son paroxysme. Hommes, femmes, jeunes filles et jeunes garçons se bousculent dans les ruelles étroites de ce mythique quartier. Les terrasses de ses cafés et restaurants trouvent toujours preneurs jusqu’au s’hour. Les vieux quartiers du Caire sont ornés de grandes guirlandes et lanternes pour donner plus de luminosité aux nuits ramadanesques cairotes.

Le célèbre Café Al-Fishaoui, qui a vu des célébrités artistiques et intellectuelles y passer quelque temps par le passé, constitue un des lieux les plus réputés et les plus prisés de la capitale égyptienne pendant le mois sacré. Tout est servi en plein air et le commerce informel fait partie du décor des soirées ramadanesques à Khan Al-Khalili.

La chicha est devenue presque une tradition chez les Egyptiens. Femmes et hommes, tout le monde en consomme. Il y a toujours quelque chose à faire après la rupture du jeûne. Dans les quartiers populaires, l’activité nocturne est très animée : jeux de société, chants et dégustations font l’essentiel jusqu’à l’aube.

Et même si les rues sont bondées, le volet spirituel de ce mois sacré détient une grande place chez les Egyptiens.

Toutes les mosquées sont pleines à craquer, les fidèles étant convaincus que le mois de ramadan est celui qui rapproche le musulman d’Allah. Par ailleurs, si en Algérie, rien ne peut remplacer une «meïda» familiale où tout le monde est là pour la rupture du jeûne, en Egypte, les familles ont d’autres habitudes.

La plupart des Egyptiens restent chez eux pour manger, mais il y a ceux qui préfèrent prendre toute la famille au restaurant. Il faut avouer qu’il s’agit des plus nantis d’entre eux, qui peuvent se permettre des dîners dans les restaurants des hôtels cinq étoiles.

En revanche, la solidarité est le lien essentiel entre les Egyptiens. Tout le monde s’invite et rares sont les familles qui prennent leur f’tour sans inviter leurs proches, des voisins ou des nécessiteux. Les visites familiales s’accentuent durant ce mois sacré.

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