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La grotte de Zugarramurdi, la cathédrale du diable et de l’inquisition

le 20 novembre 2019 à 10:15 

De nombreuses grottes à ciel ouvert, se visitent tranquillement, car nous sommes le plus souvent sous la protection du saint qui protège les lieux. Par contre, les grottes autour du village de Zugarramurdi, dans le Pays Basque espagnol, furent selon les dires du XVIIe siècle, le lieu de pratiques obscures. A tel point, que plusieurs milliers d’habitants de la province de Navarre furent accusés de pratiquer des messes noires dans les grottes.

On imagine aisément la couverture médiatique si l’affaire venait à arriver de nos jours. Cependant, déjà à l’époque, l’affaire a fait grand bruit. Ce fut l’une des plus importantes affaires et un des plus énormes procès de sorcellerie sur le sol européen.

A la base, comme souvent, on retrouve le bouleversement du fonctionnement d’une communauté et des traditions bousculées. En 1609, la région vient d’être conquise par le roi de Castille. Cela veut dire, l’imposition d’une nouvelle langue, une nouvelle autorité et pas, par la manière douce. Les paysans, parlent basque et font perdurer leur culture, ils sont catholiques, mais de nombreux mythes pré-chrétiens sont pratiqués.

Les mêmes choses provoquent souvent les mêmes choses, c’est déjà une histoire d’impôts qui va tout déclencher. Le monastère d’Urdax, se retrouve propriétaire des champs de la province, et les paysans doivent payer un impôt aux moines, pour travailler la terre. La population de Zugarramurdi dénonce cette taxe. L’inquisition espagnole, s’en mêle et comme souvent dans ce cas-là, on évoque l’hérésie.

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Le prétexte va se cristalliser autour de la cérémonie de l’akelarre (la lande du bouc, en basque, le sabbat des sorcières). Au fond d’une grotte, les participants se rassembleraient autour d’un bouc et ils se livreraient à des orgies et des messes noires. Certaines sorcières, se rendraient là-bas en volant sur un balai, ou en se changeant en animaux, et tout le monde danserait en ronde autour du feu en célébrant le diable.

Cela suffit à l’inquisition pour faire arrêter près de 300 personnes une grande majorité de femmes, de tous âges, mais aussi des enfants et des hommes, dont deux religieux. Certaines, sont envoyées en prison et torturées pour obtenir des aveux. La peur de l’inquisition s’empare alors de tous et entraîne une véritable hystérie collective. Les dénonciations pleuvent, et des milliers de personnes sont soupçonnés.

Le plus grand procès en Europe

Finalement, pour contenir l’hystérie un autre inquisiteur s’intéresse au dossier de Zugarramurdi. Il se nomme Alonso de Salazar y Frias. Il démêle un peu le vrai du faux, et la cour suprême de l’Inquisition reconnaît une erreur judiciaire dans cette persécution. Il obtient l’amnistie pour l’ensemble des suspects des procès de Logroño et la réhabilitation des condamnés et de leurs familles.

L’affaire va avoir des répercussions dans toute l’Europe, car c’est à partir de ce moment-là, que l’Inquisition catholique réclame un vrai procès et des preuves irréfutables avant d’exécuter quelqu’un pour sorcellerie.

Crédit photo : les saints inquisiteurs

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