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Au Pérou, quatre ex-présidents impliqués dans l’affaire Odebrecht

le 22 avril 2019 à 5:15 

C’est un scandale hors norme, qui a poussé Alan Garcia à se suicider. Il était soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin de l’entreprise Odebrecht. Cependant, il faut préciser, que ce qui donne une dimension à cette affaire, c’est qu’il n’est pas le seul ex-président impliqué. En fait, tous les chefs d’Etat ayant gouverné entre 2001 et 2018, sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin de l’entreprise de BTP brésilienne, il s’agit de lejandro Toledo, Ollanta Humala et Pedro Pablo Kuczynski.

Comme on peut le deviner, la société Odebrecht est un poids lourd du BTP. Cette multinationale, est à l’origine de 2 000 chantiers dans 30 pays. De plus, elle faisait partie d’un cartel formé avec d’autres groupes du bâtiment et des travaux publics au Brésil. Ce cartel se répartissait les appels d’offres de la société pétrolière Petrobras. Pour faire fructifier leurs affaires, ils n’ont pas hésité à utiliser tous les moyens et soudoyer tous ceux qui touchent de près ou de loin à leurs chantiers. Il est évident, que le monde politique n’a pas échappé à la distribution.

Il est clair, qu’Odebrecht étant une multinationale, elle ne s’est pas contentée d’arroser que le Brésil. En décembre 2016, ses responsables ont admis devant la justice américaine avoir payé des pots-de-vin pour un total de 788 millions de dollars (697 millions d’euros) dans douze pays d’Amérique latine et d’Afrique.

Concernant le Pérou, on évoque une somme avoisinante 29 millions de dollars de dessous-de-table à des chefs d’Etat, des candidats présidentiels, des ministres ou des gouverneurs. Parmi eux donc, Alan Garcia, qui s’est suicidé à l’âge de 69 ans. Il fut à 36 ans, le plus jeune président du Pérou. Il était soupçonné par le parquet péruvien avec 21 autres personnes d’avoir fait en sorte que l’entreprise néerlandaise ATM Terminals remporte en 2011 une concession portuaire, alors qu’il était président. De son côté, Alejandro Toledo, est accusé d’avoir touché 17 millions de dollars en pots-de-vin versés, par l’entreprise brésilienne Odebrecht, qui voulait le chantier de la route interocéanique, qui relie le Pacifique et l’Atlantique. La justice péruvienne, a demandé son extradition aux Etats-Unis, pays où il vit toujours. C’est aussi à cause de la société brésilienne, qu’Ollanta Humala et son épouse Nadine Heredia, sont sous le coup d’une inculpation de blanchiment d’argent. Ils sont soupçonnés d’avoir reçu 2,8 millions de dollars d’Odebrecht pour la campagne électorale de 2011.

Pour le moment, Pedro Pablo Kuczynski a moins de chance, car il est en détention provisoire et a dû être hospitalisé d’urgence, peu après l’annonce du suicide d’Alan Garcia. C’est le premier président en exercice à démissionner à cause de ses liens avec Odebrecht, qui a affirmé avoir payé près de 5 millions de dollars à des entreprises de conseil directement liées au chef de l’Etat.

Mais ce scandale n’a pas simplement touché les présidents en exercice. Pour être sûr de leurs coups, Odebrecht a pris soin de mouiller aussi une partie de l’opposition. Ainsi, Keiko Fujimori, la fille de l’ex-président Alberto Fujimori, a été arrêtée le 10 octobre 2018, pour être entendue sur le financement de sa campagne électorale à la présidentielle de 2011. La justice, qui l’a mise en détention provisoire pour trente-six mois, soupçonne le Parti de Keiko Fujimori, “Fuerza Popular” qui domine le Parlement, d’avoir touché de l’argent d’Odebrecht.

Crédit photo : persnickety-prints-
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