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Philippines : loi martiale, tribunaux militaires, annulation des élections et après…

le 24 mars 2017 à 10:34 

 

« La fin justifie les moyens », ce doit être la maxime préférée du président philippin Rodrigo Duterte. En effet, celui-ci dans sa lutte contre la drogue, pourrait tout simplement suspendre les élections dans des dizaines de milliers de postes locaux. Il apparaît difficile de ne pas s’inquiéter sur le “futur démocratique” de l’archipel.
Il est clair, que la lutte anti-drogue du président Duterte, a pris depuis longtemps un aspect de “guerre” avec des dérives particulièrement violentes. De nombreuses voix s’élèvent contre une terrible répression, dans laquelle la police a annoncé avoir déjà tué près de 2 600 personnes. Dans le cadre de cette répression, les Philippins sont sortis depuis longtemps de “l’état de droit”, et des milliers de personnes ont été abattues dans des circonstances non élucidées. Au départ, cette lutte apparaissait inévitable par une grande partie de la population, car le président philippin avait en face de lui, une puissante organisation aux mains de gens très riches et puissants. Cependant, au fur et à mesure, la répression a touché en premier lieu ceux qui sont au bas de l’échelle, et la campagne et ses méthodes expéditives pour éradiquer la drogue sont devenues beaucoup plus controversées et beaucoup moins populaires.
Apparemment, le président philippin voudrait donc passer à la vitesse supérieure, en dévoilant un peu plus son jeu « si je décrète la loi martiale, je mettrai fin à tous les problèmes, pas seulement la drogue ».
Fini donc, la simple lutte contre la drogue, Duterte a trouvé la solution à tous les problèmes. Après la loi martiale, il va passer à l’installation de tribunaux militaires pour juger les affaires de terrorisme. « Je vais permettre à l’armée de vous juger et de vous exécuter par pendaison », a-t-il dit à l’endroit des islamistes du sud de l’archipel.
Loi martiale pour la drogue, tribunaux militaires pour le terrorisme, et pour lutter contre la corruption, qui va avec les deux premiers fléaux, il va falloir annuler les élections des chefs de plus de 42 000 districts locaux, appelés « barangays ». Duterte explique, que 40 % d’entre eux étaient impliqués dans le trafic de drogue. « Nous cherchons une façon de nommer les capitaines de barangays », et il rajoute, « la narco-politique est entrée dans la politique traditionnelle des Philippines ».
Les barangays, représentent le plus petit échelon du gouvernement et sont bien sûr très impliqués dans la vie locale, d’où un risque de corruption inévitable. Cependant, ces élections représentent un moment important pour la démocratie de l’archipel.
Si le président philippin Rodrigo Duterte, est arrivé au pouvoir en combattant la drogue, il pourrait bien s’y maintenir en combattant la démocratie.

Crédit photo : Talk Pinas

 

 

 

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