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Vallauris : des pneus immergés dans les années 80 sont ressortis

le 25 septembre 2018 à 5:09 

Faire et défaire, c’est toujours travailler, sommes-nous tentés de dire, en voyant des scaphandriers remonter à la surface des eaux du golfe Juan, des milliers de pneus. Ceux-ci, ont volontairement été immergés, il y a plusieurs dizaines d’années pour servir de récifs artificiels dans cette zone protégée. Sympathique idée, mais qui depuis ne s’est pas vraiment révélée être une vraie bonne initiative. Il faut bien se rendre à l’évidence, les pneus continuent encore et encore à émettre des produits toxiques.

Nous sommes dans les années 80, le but est de restaurer une vie aquatique. Pour cela, on décide d’immerger des pneus pour en faire un récif. Cette joyeuse idée, a pour mérite de mettre en évidence le recyclage, dont on commence à évoquer l’urgence. Cette action, a été menée par les services de l’Etat et de la prud’homie de pêche locale. Elle s’est située entre la zone coralligène et les herbiers de posidonie, dans une aire marine, où la pêche est interdite.

Le constat est hélas négatif et Denis Genovese, président du comité départemental des pêches, explique que ces récifs n’ont pas, notamment, “accueilli d’espèces sédentaires comme les chapons“. Pire encore, des études menées en 2005 par l’Université de Nice, ont montré que les pneus, une trentaine d’années après leur immersion, continuaient à “émettre des produits toxiques“, notamment des métaux lourds, explique Patrice Francour, professeur d’écologie au laboratoire Ecomers de l’Université de Nice Côte-d’Azur.

Il a donc fallu se résoudre, à retirer les pneus et Eric Duplay, adjoint au maire d’Antibes, justifie l’opération actuelle par le fait que “les pneus peuvent se dégrader, se transformer en granulat et envahir les champs de posidonie“. Le financement est assuré à hauteur d’un million d’euros par un organisme d’Etat, l’Agence française pour la biodiversité (AFB), et par la fondation Michelin pour 200 000 euros. Durant un mois, ce seront 10 000 pneus qui vont être retirés. Une seconde campagne sera lancée le printemps prochain, pour enlever 12 500 autres pneumatiques restants.

Les pneus, seront cette fois vraiment recyclés pour servir de granulat pour les matériaux de construction, notamment pour les routes. A noter, que ce récif de pneumatiques, unique en France, est en revanche plus répandu dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis.

Crédit photo : MICHELLE SEIGNEURIN

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