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L’indépendance de l’Algérie : Manifestations multiples et mémoires croisées

le 26 janvier 2012 à 5:46 

C’est parti pour commémorer le 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. C’est parti mais de ce côté-ci, en France, en attendant qu’Alger se souvienne que c’est bien à nous, Algériens, de marquer cet événement et de procéder à un bilan critique des 50 dernières années.

L’Algérie, son histoire, ses parcours récents sont au cœur de nombreuses rencontres, et il y a de tout dans ce foisonnement de commémorations. Il y a ceux qui fêtent la libération mais il y a, aussi, les nostalgiques qui donnent l’impression qu’ils espèrent encore reconquérir leur «terre perdue». Evocations de quelques-unes seulement de ces rencontres, en attendant d’en présenter d’autres.

Paris, la capitale, n’a pas le monopole des manifestations du 50e. Sur deux jours – les 10 et 11 mars – à Nîmes, un colloque qualifié d’«historique » sera consacré à «la fédération de France du FLN, 1954-1962». Ce n’est pas une mais un collectif d’une dizaine d’associations qui ont l’initiative de cette rencontre : l’Amicale des Algériens du Gard, l’Association des Algériens du Languedoc-Roussillon et de l’Aveyron, l’Association républicaine des anciens combattants, Coup de Soleil Languedoc- Roussillon, France-El Djazaïr, France-Palestine Solidarité, Institut d’histoire sociale, CGT du Gard, Mouvement de la paix et solidarité 30. Ces acteurs s’attelleront, au cours de ce colloque de 2 jours, à faire le point de la recherche historique sur la présence du FLN sur le territoire français, aspect qui, disent-ils, «comporte encore de nombreuses zones d’ombre».

Ali Haroun, Gilbert Meynier, Linda Amiri, Marc André, Emmanuel Blanchard, Didier Lavrut, Bernard Deschamps, Sylvie Thénault ou encore le sénateur Mostefa Boudina. Des conférences ouvertes à débats avec le public ponctueront ce colloque et traiteront, cela va de soi, du rôle de la Fédération de France du FLN et des spécificités de son combat, de la condamnation à mort des patriotes algériens et leur exécution par la guillotine dans les prisons françaises ou encore du collectif des avocats du FLN en France et des «itinéraires de groupes de choc entre la Wilaya III et la 8e Région militaire». Un documentaire El Bi’r (Le puits) de Béatrice Dubell consacré à des récits d’engagements anticolonialistes à Lyon et notamment celui de l’abbé Carteron sera projeté aux participants en présence de la réalisatrice. Par ce colloque, les organisateurs veulent «contribuer à éclairer, sur des faits essentiels, un moment de l’histoire des peuples français et algérien et favoriser ainsi les relations amicales entre l’Algérie et la France».

Précédant cette rencontre et dans le même esprit, la section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme tiendra un colloque le 9 février prochain intitulé «Algérie 1962 : pourquoi une fin de guerre si tragique ?» Les conférences inscrites à ce colloque ne manquent pas d’intérêt et les questions sont probablement pour la première fois posées aussi clairement. Ainsi, l’historien Gilles Manceron démarrera la rencontre en s’interrogeant «Pourquoi une issue comme en Afrique du Sud n’a-t-elle pas été possible ?» Il sera suivi par Jean-Pierre Peyroulou, docteur en histoire, qui traitera de «la violence des ultras de l’Algérie française de 1945 à 1962». Cette «Fin de guerre vue par les Algériens» est ce à quoi le sociologue et universitaire algérien Abdelmadjid Merdaci consacrera son intervention. La question des mémoires occupera la seconde partie de cette journée. L’Historien Yann Scioldo-Zûrcher s’interrogera si «l’histoire des rapatriés d’Algérie et la mémoire des pieds-noirs sont-elles compatibles ?». Quant à Benjamin Stora, il évoquera «les mémoires blessées de la guerre d’Algérie».

Les journalistes ne sont pas en reste. Ainsi, Pierre Daum, auteur de Ni valise ni cercueil aux éditions Actes Sud, un livre qui remet les pendules à l’heure, consacrera justement son exposé à «Ces Européens restés en Algérie après 1962». Et pour clore ce colloque, une table ronde dont le thème se veut résolument optimiste portera sur «France-Algérie, l’avenir se construit déjà». Son modérateur, notre confrère Hassane Zerrouky, sera entouré de Fatima Besnaci-Lancou la présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme ; de Jean-François Gavoury, président de l’Association des victimes de l’OAS, et de Jacques Pradel de l’Association des pieds-noirs progressistes et de leurs amis. Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’Homme, clôturera le colloque. C’est de mémoire aussi qu’il sera question dès cette fin de mois de janvier. Le 31 janvier à Paris, au théâtre de Chaillot, le journal en ligne Mediapart organise une rencontre intitulée «Mémoires franco-algériennes : 50 ans». La soirée animée par Edwy Plenel réunira Mehdi Lallaoui, président de l’association Au nom de la mémoire, Fatima Besnaci-Lancou, Florence Dosse et Benjamin Stora, ayant tous pour point commun, dit Edwy Plenel, «celui d’être des enfants de cette mémoire, harkis, pieds-noirs, indépendantistes et appelés».

Comme chaque année, l’association Sortir du colonialisme organisera sa semaine anti-coloniale, qui sera en grande partie consacrée cette année au 50e anniversaire de l’indépendance algérienne. Dans ce cadre, du 23 février au 11 mars, au musée Montparnasse à Paris 15, de multiples manifestations seront consacrées à «La censure à l’époque coloniale». Les visiteurs pourront ainsi voir des films d’époque censurés, des livres et autres documents interdits par le régime colonial.

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Une réponse à “L’indépendance de l’Algérie : Manifestations multiples et mémoires croisées”

  1. louanchi 5 mars 2012 12:59

    DEVOIR DE MEMOIRE

    hocine le combat d’une vie par croaclub

    lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

    En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l¹époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l¹Ardoise, ceinturé de barbelés et de
    miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l’ isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd’hui se décide à parler.

    35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat

    Et pour compléter le documentaire, réécoutez sur SUD RADIO, « podcasts » l’émission du 8/11/11, de Karim Hacene, Enquêtes et Investigations, sur les harkis le camp de saint maurice l’ardoise

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