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Vers la fin des Etats ?

le 26 février 2015 à 12:21 

EtatAvec la mondialisation et la complexité des nouveaux grands enjeux contemporains que sont le développement économique et les luttes contre le réchauffement climatique et le terrorisme, la régulation instaurée par l’Etat Nation semble indiquer ses limites… Pour parvenir à la gouvernance mondiale et à l’autogestion défendue de Richard Attias à Michel Onfray, encore faut-il éviter les faux-semblants de certains discours trop libéraux, et les prénotions autour de l’Etat Nation…

Le caractère supranational des nouvelles institutions

Zaki Laïdi, un politologue proche de la rue de Solférino, analyse dans La norme sans la force la configuration de la gouvernance mondiale. Il explique qu’au cours des dernières décennies, la gestion des biens publics mondiaux a permis l’introduction de « schémas supranationaux et pas seulement intergouvernementaux ». Une évolution qu’il estime nécessaire, et recommande à ce titre d’opposer au principe de souveraineté, le principe de responsabilité des Etats.

A l’issue du Forum de Davos, le président Klaus Schwab confiait son avis dans une tribune intitulée, Pourquoi on a besoin d’institutions pour résoudre les problèmes du monde. L’économiste allemand nous prédit que « les institutions de demain seront informelles » tandis qu’il évoque « la décomposition des Etats-Nations ».

L’autogestion privilégiée par la théorie de la propriété

L’ancien collaborateur du World Economique Forum, Richard Attias précise ce que devrait être ce « nouveau contexte global » qui tarde à s’imposer. A terme, ces nouvelles coopérations informelles doivent permettre « d’assurer une gestion mutualisée de l’exploitation des ressources naturelles, mais aussi de celle des risques sociétaux liés aux décisions géoéconomiques de production et de distribution ».

Pour le philosophe Michel Onfray, l’œuvre posthume de Proudhon, Théorie de la propriété, attribuait à l’Etat le rôle de « garantie de l’autogestion ». Aujourd’hui avec la complexification du monde et des relations internationales, les instances transnationales apparaissent plus en mesure d’assurer la régulation entre des acteurs de diverses natures : Etats, multinationales, ONG ou autres associations…

Eviter les faux semblants et les prénotions…

Cependant lorsque le directeur de recherche du CNRS Bruno Jobert rédige Le mythe de la gouvernance dépolitisée, il invite à interpréter avec prudence le discours de « dépolitisation systématique de ce qui reste de l’action publique ».  Si comme Benjamin Constant l’affirmait, « la politique c’est l’art du vocabulaire »,  ce changement de paradigme masquerait parfois en réalité le maintien de « la philosophie [sociale] de Voltaire, réduisant l’égoïsme en système »…

Max Weber affirmait qu’aucune entité collective ne peut être considérée comme un sujet de l’histoire sans une gouvernance administrative. Cela étant, le cadre des Etats-Nations est-il le seul et le mieux adapté pour répondre aux nouveaux enjeux contemporains ? Jacques Attali explique régulièrement la nécessité de faire émerger un gouvernement mondial pour faire face à un « marché [qui] devient planétaire mais sans droit ». Toutefois actuellement, si l’Organisation Mondiale du Commerce dispose de compétences très élargies, la création de l’Organisation Mondiale de l’Environnement reste encore assez floue…

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