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Attentat en Algérie : L’Aqmi couronne un Ramadan particulièrement sanglant

le 28 août 2011 à 9:10 

Un spectaculaire attentat kamikaze qui a ciblé, vendredi dernier, l’un des symboles de la puissance de l’Etat algérien, l’Académie interarmes de Cherchell. Un lieu censé être l’un des plus protégés du pays.

Certes, des «démonstrations de force» similaires, l’ex-GSPC, rebaptisé l’Aqmi par Ben Laden, en a fait. Des attaques kamikazes ont déjà frappé le Palais du gouvernement, le siège de l’ONU à Alger et même le cortège présidentiel, lors d’une visite à Batna en 2007, où Bouteflika n’a dû son salut qu’à la vigilance d’un policier.

Ce ne sont, là, que les attentats les plus «spectaculaires » que les sanguinaires islamistes réussissent de temps en temps pour casser la routine. Une routine hélas faite d’attentats au quotidien et en tous genres, perpétrés essentiellement en Kabylie et dans la région centre. Comment un pays qui a fait face à une déferlante terroriste de vingt ans, l’une sinon la plus dévastatrice de l’histoire de l’humanité, la plus importante dans son ampleur et la plus abjecte dans ses formes, peut-il encore se faire prendre avec une facilité aussi déconcertante ? Comme si, à chaque fois, nous sommes surpris, nous trouvant sans la moindre préparation un peu comme c’était le cas de la Norvège il y a quelques semaines ? En matière de lutte antiterroriste, les services algériens ont cumulé une expérience et une expertise qui en font l’un des plus performants dans le monde. La carence ne situe pas à ce niveau. La réponse, elle, avait été donnée en 2002 déjà, sur ces mêmes lieux d’ailleurs, l’Académie interarmes de Cherchell, par l’ex-chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée, Mohamed Lamari.

Lors d’une conférence de presse qu’il avait animée en juillet 2002 en marge de la cérémonie de sortie de promotions, Lamari tirait cette sonnette d’alarme : «Le terrorisme est vaincu mais l’intégrisme est intact» ! Ce triste constat, fait par le premier responsable de l’armée algérienne, résume bien l’équation. Un constat d’autant plus aggravé par les effets désastreux d’une politique de «concorde» puis de «réconciliation» dont nous payerons encore certainement les conséquences pour des années. Cette politique n’a, en fait, que donné corps, dans sa forme la plus achevée, au projet de société du pouvoir algérien depuis l’assassinat de Abane Ramdane : la primauté de l’islamité sur toute autre considération. Inaugurée par Ben Bella, entretenue par Boumediene et Taleb Ibrahimi, cette conception allait prospérer sous Chadli. Les conséquences seront immédiates et dramatiques : ce sera Bouyali, dès le milieu des années quatre-vingt, puis le grand déluge du FIS et ses groupes de la mort (AIS, GIA, FIDA, FIDD, GSPC, etc).

En 1991 déjà, une caserne militaire avait été attaquée à Guemar, de même qu’une sentinelle d’une résidence présidentielle à Alger. Le ministre de la Défense nationale, Khaled Nezzar, accusait clairement et publiquement le FIS d’en être l’instigateur. Mais une sorte de masochisme national collectif fera que l’on s’en prenne… au général Nezzar ! Vingt ans plus tard, un autre site militaire sera la cible de ces mêmes «fous de Dieu». Le plus grave dans cette affaire est le fait qu’entre-temps, l’environnement général aura évolué à contre-sens de l’histoire et du bon sens même.

En Algérie, l’islamisme est partout. Omniprésent et omnipotent lui qui domine l’école, la mosquée, les médias, des secteurs entiers de l’activité économique dont certaines filières sont même contrôlées par les ex-émirs de l’AIS et du GIA. Des émirs terroristes que certains médias font interviewer comme des acteurs politiques de premier plan ! L’idéologie intégriste, boostée par la politique de la «réconciliation» et quotidiennement véhiculée par des supports médiatiques entretenus par l’argent du contribuable qui s’érigent en véritables snipers contre tout ce qui bouge en Algérie.

Cible privilégiée et prioritaire : tous ceux qui ont résisté et ont combattu l’instauration d’une république théocratique en 1992. Si les «généraux» sont systématiquement malmenés par ces médias mais pas qu’eux, jamais, par exemple, mais alors à aucun moment un émir «repenti», un dirigeant du FIS et «dérivés» n’a été cité en mal ! Le TPI que l’on agite régulièrement comme pour complexer tous ceux qui ont combattu le terrorisme ne serait-il pas compétent pour juger des crimes contre l’humanité perpétrés par toute autre personne qu’un général ou un élément des forces de sécurité ? Il faut dire que l’Algérie sous Bouteflika a complètement démobilisé sa société, ses services de sécurité face au péril intégriste. La vigilance ne peut que prendre un sacré coup lorsque des criminels passibles de la peine capitale comme les sieurs Benhadjar et consorts donnent leurs avis «sur les réformes politiques». En toute impunité…

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Une réponse à “Attentat en Algérie : L’Aqmi couronne un Ramadan particulièrement sanglant”

  1. mlk 28 août 2011 17:24

    sans attendre l’enquete ,vous inculpez les islamistes.a qui profite ci crime.le G I A N’est pas un pure produit de toufik lamari et cts.

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