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Honduras : Juan Orlando Hernandez ne veut pas lâcher le pouvoir

le 29 juin 2019 à 7:43 

Le Honduras, comme d’autres pays de la région, traverse une terrible crise. Au programme, du grand classique avec la mise en cause d’une corruption omniprésente, mais plus surprenant, il est aussi question d’une trop forte émigration. Le scénario presque écrit d’avance, fait part de violentes manifestations réclamant la démission du chef de l’Etat Juan Orlando Hernandez. Tout ceci dix ans après le coup d’Etat militaire contre le président Zelaya, aujourd’hui à la tête du Parti Liberté et Refondation (gauche).

Les images, que l’on a actuellement du Honduras ne sont que trop banales. On assiste à d’énormes manifestations, des blocages de rues dans la capitale et plusieurs grandes villes. Un seul mot d’ordre, “JOH dehors !”. Joh, c’est Juan Orlando Hernandez, il est au pouvoir depuis 2014. Son gouvernement vient de promouvoir deux décrets gouvernementaux, qui selon les médecins et les enseignants, privatisent la santé et l’éducation. Le mouvement a reçu le soutient des étudiants, puis de nombreux habitants. Comble de malchance pour l’image présidentielle, dans le même temps Tony Hernandez, le frère du président, a été arrêté aux Etats-Unis. Il va être jugé pour trafic de drogue.

Du coup, depuis un mois, ce petit pays d’Amérique centrale et ses 9 millions d’habitants connaissent une vague, inédite depuis 2014 de protestations. La police militaire, a tiré sur une manifestation d’étudiants à Tegucigalpa, blessant au moins quatre personnes, alors que la répression policière a déjà fait trois morts et des dizaines de blessés.

En toile de fond de ces manifestations, on retrouve aussi l’appel de l’opposition, qui se rappelle au bon souvenir de tout le monde à travers le dixième anniversaire du coup d’Etat militaire contre le président Zelaya. Celui-ci, après trois ans au pouvoir, avait été arrêté chez lui le 28 juin 2009, et expulsé vers le Costa Rica. Il lui a été reproché un trop gros virage à gauche et notamment son rapprochement avec le Vénézuélien Hugo Chavez.

C’est le candidat du Parti national (PN, droite), Porfirio Lobo, qui prendra sa place. En 2013, Juan Orlando Hernandez lui succède, puis devient le premier président réélu pour un second mandat de quatre ans, après une réforme constitutionnelle.

Les temps changent, et actuellement, même Porfirio Lobo recommande à “JOH” de démissionner. L’Eglise catholique elle-même, s’est prononcée contre le gouvernement. A deux reprises, les forces spéciales de police, ont fait grève pour protester contre leurs journées de travail, exténuantes depuis le début des manifestations antigouvernementales.

Tout le monde s’accorde à constater que le gouvernement n’a pas été en mesure de s’attaquer aux problèmes économiques et au chômage. C’est la raison pour laquelle, des dizaines de milliers de Honduriens émigrent par tous les moyens vers les Etats-Unis. C’est ce qui donne les terribles images de ces impressionnantes “caravanes” de personnes cheminant à pied.

Il reste, que le président Hernandez, ne veut pas entendre parler de démission. Dans sa recherche d’appui, il a rencontré à Washington le vice-président américain Mike Pence, une réunion destinée à “renforcer la relation étroite” entre les deux pays, selon la Maison-Blanche. Victor Meza, directeur de l’ONG Centre de documentation du Honduras, explique le “Hernandez est de plus en plus affaibli au sein de son propre Parti et plus il s’affaiblit, plus sa dépendance à l’égard de ses soutiens, les Etats-Unis et les forces armées, est grande“.

Crédit photo : humberto chavez

 

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