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UE-Algérie: Journée parlementaire pour une “révision globale”de l’accord d’association

le 31 mars 2011 à 11:48 

Les participants à une journée parlementaire sur l’accord d’association conclu par l’Algérie avec l’Union européenne (UE) ont appelé mercredi à sa ”révision globale”.

“Des correctifs doivent être apportés à cet accord injuste et incompatible avec les mesures de la loi de finances complémentaire 2009″, a revendiqué la Secrétaire Générale du parti des travailleurs, Mme Louiza Hanoune lors d’une journée parlementaire sur l’impact de cet accord sur l’économie algérienne. Selon elle, l’accord n’a rien apporté à l’Algérie sauf une régression et des entraves à son développement”, alors que le document mis en oeuvre en 2005 prévoyait l’augmentation des investissements européens en Algérie en plus de la libre circulation des personnes.

Le report à 2020 de l’établissement de la zone de libre échange entre l’Algérie et l’UE est insuffisant, estime Mme Hanoune appelant à rétablir les barrières douanières afin de protéger la production nationale. Le retour au protectionnisme avec la crise économique mondiale va donner raison à l’Algérie pour renégocier cet accord, dont “la correction était jusqu’ici un sujet tabou”.

“L’Etat doit rétablir les taxes douanières pour les produits importés de l’UE notamment s’ils sont fabriqués en Algérie”, a préconisé la présidente de la commission économique à l’APN, Mme Houaria Bousmaha.

Actuellement l’Algérie a besoin de faire une évaluation de cette association qui a provoqué un creusement du déficit commercial hors hydrocarbures, et occasionné des préjudices aux secteurs de l’industrie, du textile, et de l’agriculture, a ajouté Mme Bousmaha.

Une étude réalisée par des experts européens avait estimé que cet accord allait détruire 57.000 emplois permanents dans l’agriculture et l’industrie, en plus des manques à gagner dans les recettes fiscales après le démantèlement tarifaire.

Abondant dans le même sens, le président du Forum des chefs d’entreprises, M. Reda Hamiani a noté que les clauses de sauvegarde contenues dans les annexes de l’accord auraient pu être invoquées par la partie algérienne pour protéger les secteurs du textile et de la plasturgie, qui connaissent un marasme profond. L’erreur fondamentale, selon cet industriel, est que l’Algérie ait accepté de désarmer sa protection douanière en la ramenant à “un taux ridicule” de 11,7%, soit le taux de protection le plus bas de la méditerranée.

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Rappelant que le patronat avait émis d’énormes réserves sur ce document, M. Hamiani a souligné que l’accord n’a pas en retour apporté de contreparties à l’Algérie, ni en termes d’investissements promis par l’UE ni en termes de mise à niveau que l’union devrait apporter aux entreprises algériennes.

Selon les chiffres fournis par cet opérateur économique, l’Algérie par exemple a bénéficié de seulement 60 millions de dollars dans le cadre de cette mise à niveau, contre 2,5 milliards de dollars engrangés par la Tunisie.

”A présent, il ne s’agit pas de rejeter l’accord mais d’avoir des stratégies qui définissent la vision de l’Algérie de cette association, avec l’association des opérateurs économiques et les organismes concernés”, conclut le président du FCE.

Les interventions des députés et des experts présents à cette rencontre ont mis l’accent sur le fait que cet accord d’association a été négocié et ficelé dans une conjoncture défavorable à l’Algérie, qui a subi un véritable embargo politique et économique du fait de la crise sécuritaire des années 1990.

” Toute négociation en position de faiblesse entraîne des concessions”, selon l’expert algérien Réda Amrani. Un avis partagé par M. Hamiani qui souligne “qu’il n’y a pas d’exemple dans l’histoire où l’ouverture économique a profité au plus faible”.

De même, la libre circulation des personnes, dont il est question dans l’accord d’association, est toujours appliquée avec restriction, estiment les mêmes participants.

L’Algérie avait entamé en 2010, en vertu d’une clause dite de rendez-vous, des négociations avec l’UE pour renégocier certaines clauses de l’accord. Ces discussions ont abouti à un report jusqu’à 2020 de l’établissement de la zone de libre échange, prévue initialement en 2017.

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