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Glyphosate: un bouc-émissaire tout trouvé ?

le 4 avril 2017 à 16:44 

À quelques trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle française, les 11 prétendants en lice peaufinent leur programme agricole. Plusieurs lignes de fractures sont apparues entre les candidats, notamment autour du « principe de précaution » appliqué, ou pas, aux pesticides. Un produit en particulier, le glyphosate, suscite de vifs débats, quand bien même ses effets nocifs sur l’environnement et la santé ne sont pas toujours démontrés.

Un produit indispensable pour une majorité d’agriculteurs

Tous les candidats à la présidentielle, ou presque, ont déjà eu l’occasion de s’exprimer sur le sujet. De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, en passant par Benoît Hamon et François Fillon, chacun a déjà présenté les grandes lignes de son programme agricole. La question du bio notamment reste un marqueur clivant entre candidats. Si Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon se rejoignent pour interdire les pesticides « dangereux », Marine Le Pen et Emmanuel Macron, au contraire, n’ont pas encore explicitement présentés leur position sur le sujet. En voulant « libérer les agriculteurs du carcan des normes », François Fillon souhaite de son côté aller outre le principe de précaution. Pour le candidat de la droite, c’est aussi une manière de lancer des signaux forts en direction du monde agricole.

Les agriculteurs français, comme leurs collègues européens, travaillent en effet depuis longtemps avec les produits phytosanitaires, comme le glyphosate. Le produit est nécessaire, surtout pour certains types de culture, comme l’explique Anne Martin, exploitante agricole de Monthou-sur-Bièvre, dans le Loir-et-Cher : « Pour tous ceux qui pratiquent le non-labour, il est indispensable de prendre ce glyphosate ».

Même si le sujet divise au sein de la profession, les agriculteurs ne manquent pas de constater que l’utilisation du glyphosate a permis, ces dernières décennies, une amélioration des rendements agricoles, grâce à un meilleur contrôle des mauvaises herbes envahissantes. Face à ce constat, certains agriculteurs pointent le risque de voir interdire ce produit, à l’instar de cet agriculteur bulgare, interrogé sur franceinfo.fr : « Si je ne pouvais plus l’utiliser, je serais obligé de mettre davantage d’autres pesticides ou herbicides. Cela me coûterait beaucoup plus cher ».

Depuis une vingtaine d’années, le glyphosate est la cible n°1 de différentes associations ou organisations internationales. Elles reprochent principalement à ce produit de mettre en danger la vie des agriculteurs et, par voie de conséquence, celle des consommateurs. Or, plusieurs études récentes sont venues démentir les craintes soulevées par ces mêmes groupes.

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Plusieurs études sérieuses démentent les conclusions du CIRC

On peut faire tout d’abord faire remarquer que les attaques vis-à-vis du glyphosate se sont progressivement déplacées, au gré des avancées scientifiques. Critiqué dans un premier temps en tant que tel, le glyphosate a, par la suite, été mis à l’index pour le rôle joué par une molécule de dégradation, l’AMPA (acide amino-méthyl-phosphonnique), censée être toxique. Pourtant, il a été démontré récemment que cet AMPA ne provient pas seulement de la dégradation du glyphosate mais surtout de la dégradation des phosphonates, souvent utilisés dans les lessives.

Une étude, en particulier, est souvent reprise par les associations écologiques : celle du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). En mars 2015, ce centre déclarait le glyphosate cancérigène probable. Cette agence intergouvernementale, rattachée à l’OMS, s’était déjà fait connaître précédemment pour avoir déclaré le café comme potentiellement cancérigène… avant de se rétracter, soulignant même son effet protecteur contre les cancers du foie et de l’utérus.

De même, le CIRC apparaît aujourd’hui de plus en plus isolé sur le glyphosate. En effet, les conclusions de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), et de la Food and Drug Administration (FDA) prennent le contre-pied du CIRC, et jugent le glyphosate non cancérigène. Le risque est même jugé « improbable » par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

On le voit, les études scientifiques sérieuses sont là pour venir éclairer le politique et le citoyen. Or, certains groupes, en ne prenant en compte qu’une seule étude, semblent vouloir se placer davantage sur le terrain idéologique. Au risque de compromettre l’avenir du secteur agricole français, qui pèse encore pour près de 70 milliards d’euros dans l’économie française.

 

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