Le Baron Pierre de Coubertin : "l'important c'est de pas juger mais comprendre" - Donne Ton Avis
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Le Baron Pierre de Coubertin : l’important c’est de ne pas juger mais de comprendre

le 7 août 2016 à 6:29 

Il est venu le temps des Jeux Olympiques, et donc l’occasion de rappeler que c’est un Français, le Baron Pierre de Coubertin qui est à l’origine de cette énorme manifestation sportive. Cependant, il n’est pas sûr que le Baron aurait un jour imaginé la manière dont ces jeux ont évolué depuis leurs créations. D’ailleurs, en fouillant un peu, on s’aperçoit que notre brave Baron n’est pas toujours comme on l’imagine.

D’abord, ce n’est pas vraiment lui qui a dit la fameuse maxime “l’important, c’est de participer” il a repris la phrase d’un autre, lors d’un toast porté le 24 juillet 1908 à Londres, en remerciement d’un dîner offert par le gouvernement britannique. Au cours de ce  dîner, l’évêque de Pennsylvanie a rappelé que “l’important dans ces olympiades, c’est moins d’y gagner que d’y prendre part. Retenons, Messieurs, cette forte parole, l’important dans la vie, ce n’est point le triomphe, mais le combat ; l’essentiel, ce n’est pas d’avoir vaincu, mais de s’être bien battu”.

Le Baron de Coubertin fut très influencé à son époque par l’éducation et la vision britannique du sport qui prône l’excellence, et la compétition à l’école. En cela, il diverge avec les tenants de la gymnastique militaire et hygiéniste du très racialiste Paul Bert, et de l’éducation physique égalitaire du plus grand nombre, prônée par l’ancien communard Pascal Grousset.

Le nom de Coubertin est aujourd’hui associé à un idéal olympique de paix et d’égalité entre les êtres humains, voire d’humanisme. Cependant, le Baron de Coubertin reste comme on dit “un homme de son temps” et ses prises de position peuvent pour nous, apparaître nettement réactionnaires. De plus, le Baron semble décidé à de nombreuses compromissions pour faire avancer ses idées et ainsi donner l’image d’un opportuniste.

Il apparaît, par exemple, farouchement colonialiste. Il l’a dit lui-même dans ses mémoires, conservées aux archives du Comité olympique international, “dès les premiers jours, j’étais un colonialiste fanatique“. Durant les 3e Jeux olympiques de 1904 à Saint-Louis, aux États-Unis, on note les “journées anthropologiques”, compétitions réservées “aux représentants des tribus sauvages et non civilisées”. Cependant, pour lui comme pour de nombreuses personnalités comme Jules Ferry, il appartient aux blancs de guider “ces noirs, ces rouges, ces blancs“.

Si l’on rajoute une vision, disons pudiquement “nietzschéenne” du “fort” qu’il faudrait paradoxalement protéger, car précieux et rare, contre le “faible”, que l’on peut jumeler avec son assentiment au Régime nazi à l’occasion des campagnes publicitaires en faveur des Jeux de Berlin en 1936. On pourrait rajouter aussi, une bonne dose de misogynie derrière cette charmante tirade “une petite Olympiade femelle à côté de la grande Olympiade mâle. Où serait l’intérêt ?“.

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Cependant, Pierre de Coubertin reste un véritable précurseur, et qu’il a permis d’instituer un rendez-vous universel sur des valeurs positives. Du reste, étudier son parcours est une véritable immersion dans le monde, et la pensée de la fin du XIX et le début du XX siècle, avec ses contradictions, ses forces et ses faiblesses. Néanmoins, l’important dans la vie n’est-il pas de les dépasser pour en tirer le meilleur, car nous sommes, tous obligé de participer.

Crédit photo :  Matthew D. Britt

 

 

 

 

 

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