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Violences sexuelles : le football resserre ses filets

le 11 février 2020 à 18:39 

Les dernières révélations concernant le patinage, ont une nouvelle fois mis en lumière les violences sexuelles sur mineurs dans le sport. Il semblerait, qu’aucun sport ne soit vraiment à l’abri. Concernant le football, une nouvelle expérimentation est en cours pour prévenir d’éventuelles agressions. C’est la Ligue Centre-Val de Loire de football, qui a été choisie pour tester un dispositif visant à vérifier les antécédents des bénévoles travaillant dans des clubs de football de la région.

Ce dispositif, a été mis en place grâce à la collaboration de la Fédération française de football (FFF), le ministère des Sports et le ministère de la Justice. Comme souvent, une mise en commun d’informations et une plus grande facilité d’échanges, permet un meilleur contrôle de l’honorabilité des bénévoles et des encadrants non-diplômés. Pour le simple Centre-Val de Loire, on parle déjà de 601 clubs de football qui entraînent et font jouer des milliers de mineurs. De fait, ce sont 3 500 dossiers, qui ont été passés au peigne fin. D’ailleurs, les résultats ne se sont pas fait attendre, 20 dossiers ont pu être repérés, car ils présentaient des condamnations, dont un pour agression sexuelle sur mineur. Celui-ci, exerçait bénévolement une activité dans un club. Bien sûr, il a été écarté du club.

Jusqu’ici, il était juste d’usage de demander aux bénévoles, un “courrier d’honorabilité”. Il faut dire, que la majorité des clubs manque d’encadrants bénévoles, et on peut dire que toute aide est la bienvenue. C’est là, où maintenant ce ne sera plus le cas. Les révélations qui s’accumulent dans le domaine sportif, vont rendre nécessaire un contrôle systématique, pour déceler d’éventuels cas potentiellement inquiétants pour la protection des enfants. Pierre Samsonoff, directeur de la Ligue du football amateur à la FFF, explique “le système contrôlait déjà certains encadrants, mais on va passer avec ce dispositif à un contrôle de 100 % des situations et un risque 0“.

Rien de bien original dans le fonctionnement de ce dispositif. Cela relève de la simple vérification, mais de manière plus systématique. La Ligue régionale transmet les informations personnelles des bénévoles au ministère de la Justice, qui contrôle le casier judiciaire et le FIJAIS (Fichier Judiciaire automatisé des Auteurs d’Infractions Sexuelles ou Violentes) de ces derniers. Si une condamnation a été prononcée et qu’elle entraîne une interdiction de toute activité auprès de mineurs, le fichier est renvoyé à la Ligue régionale. Celle-ci, se passe donc des services de la personne en lui expliquant clairement les raisons.

Les 3 500 cas, étaient déjà étudiés dans la région Centre-Val de Loire, ne sont en fait qu’une première étape, car 12 000 dossiers sont encore à l’étude. On pourrait avoir d’autres mises à l’écart “d’indésirables”, inaptes à travailler auprès de mineurs. Il est à noter, que dans ce cas, il est prévu une coopération avec les autres fédérations, pour ne pas retrouver ces personnes plus attirées par les jeunes, que par la discipline sportive.

Tout ceci sert donc de laboratoire, et le dispositif doit être étendu à l’ensemble des ligues régionales de football à la rentrée 2020. Par la suite, il serait bon d’étendre cette pratique à toutes les fédérations sportives.

Crédit photo : lartialmic

 

 

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