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Mondial en Russie : le racisme et la violence dans le collimateur des organisateurs

le 11 juin 2018 à 18:09 

Les autorités russes, craignent que le Mondial ne soit le théâtre de mouvements et de manifestations à tendance clairement raciste. Le dernier France-Russie, n’a pas échappé à la règle avec les cris de singes, et les insultes à l’intention de Paul Pogba et Ousmane Dembélé. Ces événements ont rappelé la forte présence du racisme dans les tribunes des stades russes, que le pays, a longtemps minoré ou tout simplement considéré comme inévitable.

Chaque année, le FARE (Football Against Racism in Europe) et l’ONG russe SOVA, publient un rapport sur les discriminations dans les trois premières divisions du football russe. Il recense tout de même une légère tendance à la baisse, concernant les incidents racistes, homophobes, et plus globalement de manifestations de l’extrême droite. De 95 incidents racistes, homophobes recensés sur la saison 2014-2015, on est monté à 101 en 2015-2016, avant de descendre à 89 en 2016-2017. Il en est à 80 pour cette saison. Si une tendance à la baisse se dessine, c’est parce que de nombreux événements ont nettement dégradé l’image de la Russie à l’international. Ils ont obligé les Russes à voir les choses en face.

Un bon exemple du changement de la mentalité russe, est symbolisé par Alexeï Smertine, un ancien joueur de Bordeaux et de Chelsea. Il a été nommé inspecteur de la Fédération russe de football (RFS) chargé des questions de racisme et de discrimination en 2017. Deux ans auparavant, il avait déclaré à la BBC, que le “racisme n’existe pas en Russie”.

Il ne faisait à l’époque que refléter une pensée confortable véhiculée par tous en Russie. Ronan Evain, le directeur de Football Supporter Europe, explique, “il n’y avait que deux réponses possibles et interchangeables en matière de racisme. La première était de dire que le pays était métissé culturellement. Elles disaient qu’il n’y avait pas de problème de racisme, car il y avait 120 et quelques ethnies, tant de peuples héritiers de la grande URSS… Ce qui n’allait pas bien loin. Et l’autre réponse, c’était de dire qu’il y avait quelques débordements, mais que c’était pire en Allemagne ou en Angleterre. Ce qui n’était pas non plus très progressif”.

Du coup, le racisme se retrouve à tous les étages du football. Un match de l’UEFA Youth League (la Ligue des champions des catégories jeunes) entre le Spartak Moscou et Liverpool, a vu des chants et insultes racistes être lancés envers un des joueurs anglais, d’origine nigériane. Un match de 3e division entre le FC Ararat Moscou et le FC Torpedo, a été le théâtre d’insultes homophobes et racistes contre l’équipe de l’Ararat.

En attendant un vrai travail en profondeur, il faut faire bonne figure pour le mondial, donc une police touristique a été mise en place. Des agents du ministère de l’Intérieur, parlant plusieurs langues, vont être déployés. On note la mise en place d’un document d’identification exigé par les autorités nationales, et nécessaire pour entrer dans les stades, que l’on obtient après avoir acheté une place.

En ligne de mire bien sûr, les hooligans russes. On peut parier, que les autorités ont une liste de ceux qui seront interdits d’entrée dans les stades. Dans un interview, un supporter russe explique, “pendant la Coupe du monde, la majorité des hooligans vont préférer quitter les grandes villes. Ils ont peur de la répression. C’est impossible qu’il se passe la même chose qu’à Marseille. Ici, la plupart des hooligans seraient en prison”.

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Il est évident, qu’en matière de répression brute et sans concession, on peut faire confiance aux autorités russes. Vincent Tanguy, qui a vécu neuf ans en Russie, confie, “Poutine ayant été réélu, l’objectif majeur est que la compétition se passe sans problème, tant sur la sécurité face au terrorisme, que sur le racisme. Ils disent que les problèmes de racisme ne peuvent être endigués, mais ils vont faire le maximum. Je sais en connaissant le pays qu’ils vont verrouiller les choses, contrôler à fond. Je ne pense pas que ce problème-là ressorte réellement pendant le Mondial”.

Ensuite, pour une vraie réflexion en profondeur, ce sera autre chose. Le directeur exécutif du FARE se demande si les autorités “arrêteront leurs actions après le Mondial ou continueront à combattre ce fléau ? C’est une question ouverte”. Il reste lucide sur les objectifs, “On n’est pas dans un changement durable de la société russe, mais un assainissement du climat autour des stades, ce qui est déjà un progrès en soi”.

Crédit photo : Vassily_Ivanych

 

 

 

 

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