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Coronavirus : en effet c’est la guerre, car même le foot est à l’arrêt

le 18 mars 2020 à 5:52 

Il est de ces signes plus significatifs que d’autres. Le football est perçu, comme la chose qui compte le plus, parmi celles qui sont sans importance. De fait, les reports et les annulations de match pèsent de tout leur poids dans la vision de la situation actuelle. Le football, entre lui aussi dans une sorte de parenthèse inédite dans son histoire récente face à la pandémie du coronavirus. Nous sommes peu nombreux à avoir vécu cela, car il faut remonter aux deux guerres mondiales, pour retrouver un arrêt aussi marqué des compétitions.

Les amateurs de football vont faire la moue, les supporters vont se prendre la tête, et les ultras vont crier aux complots. Il est vrai, que la situation est inédite, car c’est la première fois que les reports et les annulations se font, face à un danger sanitaire. De plus, comme le souligne l’historien du football Paul Dietschy, professeur à l’Université de Franche-Comté, “ce qui fait aussi la différence, c’est la temporalité. La crise intervient à la fin de l’hiver, c’est-à-dire lors du temps fort des compétitions. Alors que pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), ça arrive à l’intersaison”.

En effet, jusqu’ici, il n’y a eu que la guerre pour gêner l’ensemble des compétitions internationales. La Coupe du monde 1942, n’a jamais été attribuée au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Rappelons au passage, que le conflit a aussi conduit à l’annulation des éditions 1940 et 1944 des Jeux olympiques. Cependant, il n’en est pas de même pour les principaux Championnats européens. Ceux-ci, ont continué leur activité durant cette période. A part lors de la saison 1939-1940, interrompue par l’invasion allemande du pays, la France a joué. En Italie, il s’est prolongé jusqu’en 1943 avec une reprise en 1945, en Allemagne jusqu’en 1944 et une reprise en 1947. Seule exception, l’Angleterre pour qui l’interruption due à la Seconde Guerre mondiale, va durer sept ans.

A l’époque, le maintien des compétitions le plus longtemps possible relève de la volonté de maintenir le moral et occuper les esprits. Il s’agit, pour les autorités de montrer que la situation est maîtrisée, et normale complète Paul Dietschy.

A l’heure actuelle, il ne faut cacher que quelques impératifs financiers se sont rajoutés. Ce n’est pas un hasard, si le championnat anglais joue encore l’exception en étant un des derniers à suspendre son activité. C’est qu’il y a tant à perdre, on parle tout de même du championnat le plus riche du monde, avec ses droits audiovisuels, mais aussi avec les parieurs qui misent. Tout cet aspect est un peu mis de côté, alors que les spécialistes estiment que le marché global des paris sur le football, Asie comprise, est d’environ 1 000 milliards de dollars par an.

Crédit photo : John Walker

 

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