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JO Rio : malgré les assurances de son pays, Feyisa Lilesa ne rentrera pas

le 24 août 2016 à 13:15 

Le 21 août 2016, l’Éthiopien Feyisa Lilesa a franchi la ligne d’arrivée du marathon des JO de Rio en deuxième position. Il a surtout passé la ligne avec les bras croisés au-dessus de la tête en signe de protestation contre son gouvernement. Avec ce geste, il a aussi franchi une limite qui rend son retour dans son pays problématique, et dangereux.

Le geste de ce coureur n’est pas anodin, il représente un geste de protestation utilisé lors de récentes, et importantes manifestations anti-gouvernementales. Ce fut l’occasion de très sévères répressions que Feyisa Lilesa a voulu dénoncer devant la communauté internationale.

En conférence de presse, l’athlète explique les conséquences pour ceux, qui osent faire cela dans son pays. Ils sont tués ou mis en prison par le gouvernement Éthiopien. Cependant, le gouvernement éthiopien a assuré, que Feyisa Lilesa ne serait pas inquiété s’il rentre dans son pays. Pour son agent, Feyisa Lilesa ne rentrera pas au pays, il envisage de rester au Brésil quelque temps, en espérant obtenir plus tard un visa pour rejoindre le Kenya ou les États-Unis. Les responsables sportifs éthiopiens ont félicité les membres de l’équipe olympique, sans citer la médaille d’argent de Lilesa. Ils ont par ailleurs, refusé de répondre aux questions concernant l’athlète.

L’Éthiopie est actuellement secouée par un mouvement de contestations anti-gouvernementales sans précédent depuis une décennie. Ce mouvement, concerne l’ethnie des Oromos, qui regrouperait près de 30 millions de personnes, soit un tiers de la population éthiopienne. C’est un plan d’urbanisme, qui prévoyait un agrandissement de la capitale, et donc des expropriations en masse de fermiers de l’ethnie des Oromos, qui a mis le feu aux poudres. Ce plan d’urbanisme, est perçu comme un symbole de la domination, que maintient la minorité des Tigréens sur les Oromos pourtant majoritaire en Éthiopie, mais historiquement maintenu en marge de la société. Récemment, ce sont les Amharas (la deuxième ethnie d’Éthiopie), qui ont manifesté pour réclamer eux aussi une ouverture politique dans le pays. Ensemble, Amharas et Oromos représentent 60 % de la population du pays. Les Tigréens, issus du nord du pays, occupent les postes-clés au sein du gouvernement, et des forces de sécurité et ne semblent pas décider à lâcher du lest.

La répression violente de ces manifestations, a déjà fait plusieurs centaines de morts depuis fin 2015, estiment des organisations de défense des droits de l’homme. De son côté, Feyisa Lilesa avait affirmé avoir “des proches en prison au pays“. “Si vous parlez de démocratie, ils vous tuent. Si je retourne en Éthiopie, peut-être qu’ils vont me tuer, ou me mettre en prison”, avait-il ajouté.

Pour Feyisa Lilesa, un autre marathon, très certainement plus long, et plus dangereux vient de commencer.

Crédit photo : Jeso Carneiro

 

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