Top

Droits TV du football Français, une mauvaise affaire pour le football national

le 30 mai 2018 à 5:33 

Dans le grand concert médiatique et financier du football, les droits TV de la Ligue 1, font vraiment figure de parents pauvres. Depuis des années, l’écart se creuse entre elle et les autres championnats étrangers majeurs. Les répercussions sont terribles pour les clubs nationaux, qui ne peuvent pas compter sur cet apport pour se doter d’une surface financière indispensable pour lutter en Europe avec d’autres clubs. Une constatation terrible, alors que l’appel d’offres pour les seuls droits domestiques doit se tenir. 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les droits TV du championnat français, ce sont 80 millions d’euros par an à partir de la saison prochaine. Une somme dérisoire au vu des 1,3 milliard d’euros de la Premier League anglaise, ou de la Liga espagnole, qui affiche 650 millions d’euros. C’est aussi nettement inférieur à la pourtant déclinante Serie A italienne, et ses 370 millions d’euros, ainsi que pour les matchs enneigés de la Bundesliga allemande, qui pèse 250 millions d’euros.

Le cercle vicieux est en place depuis longtemps, moins d’argent, donc moins de grands joueurs et de grands clubs, avec moins de résultats. Tout cela, nuit à l’attractivité des sponsors et à la demande des pays étrangers, donc moins d’argent à distribuer aux différents clubs et nous retrouvons le début de notre spirale infernale. Longtemps, on a mis cela, un peu aisément, sur le dos d’une passion et d’une ferveur à la base moins forte des Français, à l’égard du football, que dans d’autres pays.

Cependant, les dirigeants et les personnes influentes au sein de la ligue 1, commencent à admettre, que les choses ne sont peut-être pas si simples et si immuables que cela. Le président de Nice, Jean-Pierre Rivière indique “sur les droits TV à l’étranger, on a un retard considérable sur nos concurrents européens“. Il concède, que les autres championnats du Top 5 “ont été actifs ces dernières années, ont envoyé des ambassadeurs pour faire connaître leur produit, leur football“.

L’arrivée de sponsors, et d’hommes d’affaires étrangers à la tête de certains clubs de l’Hexagone, habitués à un autre état d’esprit, a le mérite de remuer le cocotier. Vadim Vasilyev, le vice-président de Monaco, est très clair “on ne peut pas espérer que le marché domestique se développe autant, ça ne peut venir que de l’international“, a-t-il déclaré lors de la convention du football professionnel, qui s’est déroulée à Cannes les 22 et 23 mai dernier.

Your ads will be inserted here by

Easy Plugin for AdSense.

Please go to the plugin admin page to
Paste your ad code OR
Suppress this ad slot.

Dans la ligne de mire, le contrat trop long, passé avec beIN Sports comme agence de ces droits à l’étranger, est prolongé cette année jusqu’en 2024. Un contrat, qui même s’il est passé de 35 à 80 millions d’euros par an, s’avère une bonne affaire pour le diffuseur, mais pas pour le foot français. Ce qui fait dire à Jacques-Henri Eyraud, le président de l’Olympique de Marseille, “si on m’avait vendu les droits pour ce prix-là, je me serais rué dessus, il n’y a rien à reprocher à beIN, mais plutôt au vendeur d’avoir laissé échapper ses droits pour ce temps-là et cette valeur“.

On peut déjà prendre acte de certains changements en direction de l’international avec, “les coups d’envoi globaux“, comme le Nice-PSG du 18 mars, à 13h00, vu par 1,2 million de Chinois. Au moins trois sont prévus la saison prochaine, un par journée dans les droits domestiques 2020-2024. Pour la suite, Jacques-Henri Eyraud prend l’exemple paradoxal de son club. Il est détenu par un Américain, Franck McCourt, or il “est impossible de voir un match de l’OM aux États-Unis“.

Il démontre ainsi, tout le chemin qui est encore à parcourir.

Crédit photo : sedenna1

 

I

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom