Rapporté par Équipe éditoriale de Consejeros
Lors du référendum organisé ce week-end en Suisse, l’opinion publique a rejeté un plafond de 10 millions d’habitants, qui aurait effectivement signifié un contrôle plus strict de l’immigration. Le référendum, rejeté par une marge de 55 à 45 %, a apporté un grand soulagement aux milieux d’affaires, qui y voyaient une menace à la libre circulation des personnes avec l’UE.son principal marché.
L’initiative de l’Union populaire suisse, principale force politique du pays, proposait, au nom de la durabilité démographique, d’introduire dans la Constitution fédérale une limite de dix millions de résidents permanents d’ici 2050. Si cette initiative avait été couronnée de succès, le gouvernement aurait été contraint d’adopter des mesures restrictives une fois que la population aurait atteint 9,5 millions d’habitants. Ces mesures potentielles comprenaient un renforcement des politiques d’asile et des restrictions au regroupement familial, voire la renégociation ou l’abandon de l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne si la limite démographique ne pouvait être maintenue.
Le système suisse de démocratie directequi permet aux citoyens de proposer des modifications à la Constitution, a facilité la tenue de plus de 650 référendums depuis sa fondation en tant que confédération en 1848. De ce chiffre, 551 ont pris la forme d’initiatives populairescomme celui rejeté hier concernant le maximum de 10 millions d’habitants. Avec plus de 100 000 signatures, ces initiatives garantissent que la proposition parviendra aux urnes même si le Parlement n’est pas d’accord. Le nombre élevé d’initiatives (551) contraste avec le faible taux d’approbation (26) et montre que le consensus politique prime, mais que le débat sur des questions sensibles de société reste en permanence ouvert.
La Suisse compte environ 9 millions d’habitants. Bien qu’elle soit une destination d’immigration depuis cinq décennies, au cours de la dernière décennie, la population a augmenté de près de 10 pour cent, contre 2 pour cent dans l’Union européenneselon les données de la Banque mondiale. Un quart des résidents suisses sont des étrangers.